Un reportage de Thibaut Cavaillès, à Tunis, en Tunisie

Le 22 novembre dernier, date de la première journée de travail de la nouvelle Assemblée nationale constituante tunisienne : parmi les noms des 217 élus cités, Mabrouka M'barek. Elle fait partie de ces jeunes Tunisiens de l'étranger qui ont décidé de venir reconstruire à leur façon (politique, économique, associative)leur nouvelle Tunisie, après la chute du dictateur Ben Ali le 14 janvier 2011.

Mabrouka M'barek :« Là, j’écris au Sénateur Léahi, aux Etats-Unis… Nous avons un cas de divorce entre une citoyenne tunisienne et un citoyen américain… »

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Elle n’a rien vu venir, Mabrouka M'barek. Une rencontre, une proposition, la voilà qui quitte le Vermont, et les Etats-Unis, son travail et sa famille, qui la suit. Elle se lance dans la politique et à 31 ans, est élue députée dans son pays d'origine. Mabrouka s'occupe des Tunisiens des Etats-Unis et de certains pays européens, et participe à al rédaction de la première constitution sans Ben Ali.

Mabrouka M'barek :« J’ai tout laissé là-bas, ma maison, mon travail… Je pense que le sacrifice vaut le coup. Pendant des années, on restés, nous, Tunisiens à l’étranger, sur le banc de touche et cette année, on a l’opportunité de travailler et de participer à la Tunisie »

Participer économiquement, aussi. Hissame Hakimi a 30 ans, sa société informatique est bien implantée à La Ciotat, près de Marseille. A Tunis, c'est un incubateur qu'il est venu créer : une sorte de pépinière pour aider les jeunes entreprises à émerger.

Hissame Hakimi : « Concrètement à l’heure actuelle, c’est à la maison, c’est une start-up avec un ordinateur et un téléphone. Sous l’ère Ben Ali, on n’aurait pas pu. Ou alors, ça aurait été possible, mais on aurait été chapeautés, pour utiliser un mot gentil…C’est vraiment la révolution qui a permis à ce genre de projets de naître ».

__ La révolution, si elle a abouti, c'est un peu grâce à Malek Khadraoui. Lui vivait à Montreuil, en banlieue parisienne. A 37 ans, il travaillait dans la finance, mais avait une double vie. Malek agissait durant le soulèvement grâce au site Internet Nawaat, qui diffusait les vidéos des manifestations. Aujourd'hui, il veut poursuivre au pays le cyber- activisme. Son sacrifice : avoir laissé derrière lui ces choses qui lui faisaient tant aimer sa vie à l'étranger.

Malek Khadraoui : « Avoir un cinéma indépendant un côté, un théâtre subventionné par la mairie, etc., ce genre de petites choses me manquent et c’est sûr que ce serait intéressant de s’inspirer de ces choses-là »

__ S'inspirer, construire, apporter son soutien, chacun à sa façon et sur les bancs de l'assemblée pour Mabrouka M'barek, qui ne veut pas rater cette occasion historique.

Mabrouka M'barek :« C’est le moment aujourd’hui, parce qu’on reconstruit tout depuis zéro. C’est une page planche et on a tous envie d’y mettre la plume et d’écrire, donc c’est incroyable ».

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