Avant, j'utilisais ma voiture tous les jours, maintenant je ne la prends qu'un jour sur deux. J'habite loin de mon travail, mais suis ravi de prendre le bus ou le métro. Je fais partie de cette révolution.

Nous sommes à New Delhi et nous venons d’entendre Ajay qui parle de la révolution de la circulation alternée, que les autorités de New Delhi ont imposé pendant les 15 premiers jours de janvier. C’est la première fois que cette mesure est appliquée dans une ville indienne, mais New Delhi en avait certainement besoin. New Delhi a en effet été classée par l'OMS comme la métropole la plus polluée du monde en particules fines. L'objectif était d'impliquer les automobilistes dans la lutte contre cette pollution, car 20% de ces émissions sont causées par les véhicules. Et malgré les craintes initiales, l'expérience a très bien réussi.

Reportage dans les rues de New Delhi, par le correspondant de RFI et France Inter, Sébastien farcis

Ashik est assis sur un banc de la station de Rajiv Chowk, dans le centre de New Delhi. En décembre, Ce dentiste de 27 ans prenait tous les jours sa voiture pour se rendre au bureau – Mais pendant les 15 premiers jours de janvier, il a redécouvert les avantages des transports en commun

En voiture, j'en ai pour 45 minutes de trajet et 1h 30 s'il y a des embouteillages. en métro, cela ne me prend que 40 minutes et c'est moins cher. Le seul problème, c'est que je dois ensuite prendre un bus ou un triporteur pour aller jusqu'à chez moi. A New Delhi, la voiture représente un symbole de votre statut. Ce n'est pas le confort qui est prioritaire, mais le statut.

Malgré cet attachement , les résidents de New Delhi ont laissé leur véhicule au garage, soit pour éviter une amende élevée, soit car ils ont pris conscience qu'ils avaient un rôle à jouer. L'impact sur la pollution a été notable : les pics ont été moins élevés et la concentration en particule fine baissait rapidement en pleine journée, quand la circulation était alternée. Surtout, le trafic est devenu beaucoup plus fluide, se réjouit Anumita Roy Chowdhuri, directrice de recherches au Centre pour la science et l'environnement

Les transports publics sont devenus plus efficaces, car les bus, les triporteurs et les taxis pouvaient aller plus vite, faire plus de trajets. les émissions par personne ont baissé en même temps que le niveau de stress. Et cela doit convaincre les habitants de l'importance sde restreindre le nombre de véhicules personnels.

Cette mesure a également poussé le gouvernement national à agir : il vient d'avancer d'un an l'obligation pour les constructeurs automobiles de respecter les normes Euro 6, qui réduiront les émissions de particules de 68% pour les voitures au diésel.

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