Un reportage d'Angèle Savino, à Caracas, au Venezuela

le corps d'hugo chavez ne sera pas embaumé
le corps d'hugo chavez ne sera pas embaumé © reuters

Vous écoutez la radio « Al Son del 23 » depuis le quartier du « 23 de enero » , à Caracas, où est enterré Hugo Chavez. Cette radio communautaire, c'est la voix de la coordination Simón Bolivar qui est née après le Caracazo, il y a 25 ans, en février 1989, une révolte populaire réprimée dans le sang. Les militants de ce quartier de l'ouest de Caracas se sont organisés à partir de 1993. Malgré la répression et la torture dans les années 90, ils ont toujours défendu la construction d’un pouvoir local.

Même s'ils reçoivent des subventions du gouvernement et de la Mairie de Caracas, ils ne perdent pas leur regard critique sur le pays. Un an après la mort d'Hugo Chavez, les membres de la coordination Simon Bolivar nous parlent de l’héritage du Comandante…

Lilia Vera « Oui, tu es quelqu’un d’important, compagnon » fredonne Lilia Vera avec sa voix profonde. La chanteuse raconte comment les Vénézuéliens ont affirmé leur identité pendant 14 ans, longtemps effacée par la culture occidentale.

Guadalupe Rodriguez milite au sein de la coordination Simon Bolivar :

Là où tu te trouves, c’est le siège de la radio communautaire « Al son del 23 » qui est une arme de défense, parce que d’ici tu transmets au peuple sa culture. Nous soutenons le talent national, nous diffusons les titres des auteurs interprètes, qui chantent depuis 25 ou 30 ans, et qu’avant, personne ne connaissait.__

Avoir rendu visible les invisibles, et démystifier l’accès à la présidence d’un pays, c’est une des réussites d’Hugo Chavez.

Selon Juan Contreras, fondateur de la coordination Simon Bolivar, c’est la rébellion du peuple vénézuélien qui lui a permis d’arriver au pouvoir, par les urnes :

Le 27 et 28 février 1989, plus de 3000 personnes ont été assassinées pour avoir dit non aux recettes néolibérales du Fond Monétaire International. Cela a ouvert le chemin de notre processus politique. C’est pour cela qu’il faut se souvenir de Chavez tous les jours, comme un être humain, pour continuer la révolution. En l’appelant « Commandant Suprême », on l’éloigne du peuple, des paysans, des indigènes, des étudiants, des ouvriers…

  • Le 20 octobre 2012, il a parlé d’un coup de gouvernail, et il a même grondé tous ses ministres…

- Alors qu’il ne lui restait que très peu de temps à vivre, on a vu monter son angoisse à propos de la construction de l’Etat communal. Cet idéal devrait être la colonne vertébrale du processus politique pour ouvrir la voie à une transition vers le socialisme.

Selon l’historien Vladimir Acosta , Chavez n’a pas réussi à séparer ses croyances religieuses de sa condition de leader politique. Fran León anime l’émission « La réalité inventée » tous les mercredis. Il est convaincu que le socialisme ne se construit, ni par magie, ni par décret :

Nous pensons que seul le peuple sauve le peuple, ce sont les peuples qui font les Révolutions et l’Histoire. Notre Commandant Chavez nous appelait à combattre la bureaucratie et la corruption depuis la base. Avec Chavez et sans Chavez, il faut construire ce processus révolutionnaire avec le peuple.

Le « Plan de la Patrie » est considéré comme le testament politique d’Hugo Chavez.

Il a défini 5 objectifs : conserver l’indépendance nationale, construire le socialisme, convertir le Venezuela en une puissance qui puisse contribuer à la construction d’un monde multipolaire et protéger la vie sur terre.

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