Shafiq Ghawhari :« Le premier objectif est d'assurer un développement durable du football à travers le pays. Mais c'est aussi pour promouvoir l'unité nationale et la coexistence pacifique en Afghanistan».

Shafiq Ghawhari__ est l'organisateur de ce championnat national de football afghan. Demain aura lieu la finale de l'Afghan Premier League. Elle opposera une équipe de l'Ouest du pays contre une équipe du Sud. Chaque week-end les matchs rassemblent plusieurs milliers d'Afghans dans un stade de Kaboul. Organiser un championnat dans un pays toujours en guerre, n'est pas chose facile.

L'ambiance est chaude, les tribunes sont remplies. Ils sont plus de 5.000 à s'être réunis dans le stade construit pour l'occasion, afin d'assister à la demi-finale de l'Afghan Premier League. Alors que le criquet reste le sport n°1 en Afghanistan, ce premier championnat à l'échelle nationale semble donner un véritable élan au football dans le pays.

Mohammad , 16 ans: « Depuis que le championnat est retransmis à la télévision, je m'intéresse beaucoup plus au football. Avant je pratiquais les arts martiaux, mais ce championnat me donne envie de jouer au foot. Je joue parfois avec mes amis parce que je trouve que les équipes afghanes sont vraiment bonnes »

Certains supporteurs rêvent déjà d'un championnat capable de rivaliser avec les ligues européennes. Pour cela, il faudrait un pays pacifié. C'est ce que pense Saïd, venu avec son jeune fils.

Saïd : « J'espère que si la sécurité revient en Afghanistan et si on retrouve des bonnes conditions de vie, on pourra avoir des équipes plus performantes, comme en Europe. Car il y a un potentiel pour que les joueurs progressent en Afghanistan. Comme ça, à l'avenir, on pourrait avoir un meilleur championnat »

__

Soutenu, entre autres, par la plus grande chaîne de télévision privée qui diffuse l'intégralité des rencontres et l'opérateur n°1 de téléphone, l'Afghan Premier League regroupe 16 équipes venues des quatre coins de l'Afghanistan. Elles s'affrontent non pas dans leur propre ville, mais à Kaboul. Shafiq Ghawhari, en charge de l'organisation de cette ligue, refuse d'expliquer cela par l'insécurité dans le pays.

Shafiq Ghawhari : « La raison principale c'est la capitale de l'Afghanistan. Kaboul a davantage d'équipements pour organiser ce type d'événements. Nous avons un stade, mais aussi des hôtels, des transports, tout ce qu'il faut... C'est donc plus facile à organiser à Kaboul. La raison pour laquelle on ne peut pas faire ça dans les provinces, c'est parce que là-bas, il manque des infrastructures et en particulier des stades »

Le nombre de joueurs licenciés se compte en milliers, mais on voit sans arrêt, sur le bord des routes, des gamins jouer au ballon. Il existe un potentiel à développer, assure Ali Asker Lali, responsable au sein de la fédération afghane de football.

Ali Asker Lali : « Bien évidemment, un des objectifs de ce championnat dont la fédération afghane de football est partenaire c’est d'améliorer notre équipe nationale. Dans cette ligue, les meilleures équipes ont été choisies avec les meilleurs joueurs. Donc nous, nous sélectionnons les meilleurs joueurs pour l'équipe nationale. Mais cela ne s'arrête pas à ce championnat : nous souhaitons développer le football auprès des jeunes Afghans et des jeunes Afghanes »

L'équipe nationale d'Afghanistan se traîne à la 166e place du classement international de la Fifa.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.