La grossesse reste la première cause de mortalité des adolescentes dans le monde, selon l’ONG Save the Children... et en Colombie.

Un reportage de Laurie Fachaux,dans la fondation Juan Felipe Gómez Escobar, à Carthagène, en Colombie

Karina : « Ici, on nous aide de façon spectaculaire. J’ai appris à voir la vie de manière différente, à aller de l’avant. Ici, on sait qu’on doit lutter pour nos enfants. »

Catalina Escobar, dans son bureau à Bogotá, à côté du prix CNN
Catalina Escobar, dans son bureau à Bogotá, à côté du prix CNN © Laurie Fachaux

Karina, tout juste 18 ans, est tombée enceinte accidentellement. Elle est aujourd’hui aidée par la fondation Catalina Escobar de Carthagène, en Colombie.

La grossesse qui reste la première cause de mortalité des adolescentes dans le monde, selon l’ONG Save the Children... et en Colombie, la mortalité infantile touchait 6 nouveau-nés sur 10 en 2001. Face à cette situation, la chef d’entreprise de Bogota Catalina Escobar a créé une fondation qui vient en aide aux mères adolescentes. Elle vient d’être élue parmi les 10 « héros de l’année » de la chaîne américaine CNN.

Ce jour-là, on fête Noël dans le centre Juan Felipe Gomez Escobar : le nom rend hommage au fils de Catalina, mort à l’âge de 2 ans, tombé d’un balcon.

Ici, 400 mères-adolescentes sont accueillies tous les ans. La fondation leur apprend à s’occuper d’un nouveau-né, leur offre des soins médicaux jusqu’à l’âge de 5 ans, et va plus loin : elle offre aussi un diplôme d’esthéticienne, de couturière, ou de réceptionniste. Du coup, ces jeunes mamans reprennent espoir, comme Onéis, 19 ans.

Onéis : « Quand j’ai su que j’étais enceinte, ça a été un choc : je ne savais pas quoi faire. Plusieurs fois, j’ai renié cette grossesse non désirée. J’avais l’impression d’être plongée dans un abîme : je n’avais plus mon conjoint, j’étais presque toute seule. Et la fondation est là pour nous aider à nous relever. Des psychologues nous aident. Aujourd’hui, je suis fière de plusieurs choses, notamment d’avoir pu étudier ici. Je me sens capable et qualifiée pour aller de l’avant, et pour pouvoir apporter un meilleur avenir à mon bébé. »

Catalina Escobar est la présidente de cette fondation. Chef d’entreprise issue d’un milieu aisé, le volontariat l’a confrontée à la détresse des adolescentes et au manque de moyens des hôpitaux publics.

Catalina : « La seule chose que je connais dans la vie, c’est le monde de l’entreprise et la philanthropie. A Carthagène, j’ai vu toutes ces différences sociales et j’ai commencé à faire du volontariat dans un hôpital public. Là, je voyais trois femmes par lit, deux enfants par berceau. J’ai aussi vu un bébé mourir, dans mes bras. Sa mère n’avait pas réussi à trouver 30 euros pour lui acheter un médicament. Moi, je les avais, dans ma poche. Personne ne croyait en moi au début. Qui va croire une folle qui vient de perdre son enfant, hein ? »

En 11 ans, la fondation a contribué à faire baisser le taux de mortalité infantile de 80% à Carthagène. Sa présidente, Catalina Escobar, espère bien créer d’autres centres de ce type, d’abord en Colombie, puis dans d’autres pays en voie de développement.

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