Par Jérôme Boruzewski

Ils étaient plus de 2000 il y a trois ans et aujourd’hui, officiellement, il n’y aurait plus qu’une petite cinquantaine de détenus de conscience en Birmanie . le Président Thein Sein serait donc proche de son objectif de vider les prisons.Bo Kyi, secrétaire de l’Association pour l’assistance aux prisonniers politiques birmans explique :

Le gouvernement veut montrer à la communauté internationale qu’il fait de très bonnes réformes. Il veut que les Nations Unies retirent la Birmanie de l’ordre du jour du Conseil des droits de l’Homme... il veut plus de légitimité.

Pagode Shwedagon à Rangoun, Birmanie
Pagode Shwedagon à Rangoun, Birmanie © / Ralf-André Lettau

Mais ce gouvernement réformateur arrête de nouveaux activistes. Plus de deux cents attendent actuellement de passer en jugement, la plupart d’entre eux ont manifesté sans autorisation. Dans l’Etat de l’Arakan, à l’ouest du pays, les autorités ont mis sous les verrous de nombreuses personnes après deux vagues de violences religieuses qui ont secoué cette région.

Au moins cinq cents personnes ont été incarcérées dans l’Etat de l’Arakan. Beaucoup d’entre elles n’ont peut-être commis aucun crime. D’autres en ont peut-être commis, mais je ne sais pas comment vérifier. __

Ce gouvernement empêche les activistes et le comité chargé d’identifier les prisonniers politiques d’enquêter sur les arrestations dans cette région. Parmi les personnes incarcérées arbitrairement dans l’Arakan, leDr Tun Aung condamné à 17 années de prison. U Ko Ni, son avocat devant la Cour suprême dénonce les conditions du jugment :

« Depuis qu’il a été arrêté, et jusqu’à ce que l’affaire se referme en première instance, il n’a pas eu d’avocat. Aucun témoin de la défense n’a été appelé, c’est tout.»

Il y a comme un fossé entre la réalité décrite par cet avocat et la promesse du Président birman de vider les prisons des dissidents Tomas Quintana est le rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l’Homme en Birmanie , il s’inquiète pour l’avenir :

« Je sais qu’il y a des gens au gouvernement qui essaient de clore définitivement le sujet des prisonniers politiques en disant que les prisonniers politiques sont uniquement ceux qui avaient été arrêtés sous le gouvernement militaire. Le comité des prisonniers politiques doit encore travailler l’an prochain en particulier au regard du nouveau rôle de la Birmanie en tant qu’Etat qui préside l’Association des nations du sud-est asiatique... pour assumer ce rôle important, la Birmanie va devoir démontrer ses engagements démocratiques et les standards en matière de démocratie ne tolèrent pas l’existence de prisonniers politiques... »

Depuis fin novembre, au moins seize dissidents ont été condamnés à des amendes ou des peines de prison ferme pour avoir manifesté sans autorisation ou troublé l’ordre public.

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