Un reportage d’Antoine Guinard, correspondant à Jaipur, Inde

Shashi Tharoor, député indien, ancien diplomate de l'ONU et écrivain :

« C’est comme d’aller aux fêtes indiennes : on a des traditions de fêtes comme cela. Il y a des fêtes pour les vaches, il y a des fêtes dans lesquelles on jette des couleurs sur des gens, et parmi ces fêtes, il y a maintenant une fête de littérature des livres qui est célébrée dans le même esprit ici. »

En moins de 10 ans, le festival de littérature de Jaipur est passé d'un minuscule évènement pour initiés à un rendez-vous littéraire incontournable, en Inde et dans le monde. Forts de son succès et de sa réputation grandissante, ses organisateurs cherchent désormais à exporter l'enseigne à l'international.

C'est une ambiance de Kermesse qui flotte sur le Diggi Palace à la fin du mois de janvier. Le tout-Delhi mais aussi de nombreux écoliers, touristes et amateurs de littératures convergent chaque année vers ce somptueux palais rajasthanais au cœur de la ville rose. Du matin au soir, écrivains, journalistes et personnalités indiennes et du monde entier donnent des conférences en plein air. Tout autour, buvettes, concerts et stands en tout genre pour se distraire et se réconforter, la marque de fabrique du JLF, l'acronyme par lequel on désigne désormais ce festival. Pour sa co-directrice Namita Ghokale, c'est cette formule qui est à la clé du succès incroyable de l'évènement, devenu un modèle en Inde. Namita Ghokale, co-directrice du festival JLF :

C'est à la fois très intellectuel, et très populaire. Il y a beaucoup de jeunes. Les gens viennent ici et s'en inspirent pour créer leur propre festival.

Sanjoy Roy, en charge de la production et de la logistique décrit lui le festival comme une expérience à part entière, qui va au-delà d'un simple rendez-vous littéraire: Sanjoy Roy, en charge de la production et de la logistique du festival JLF :

Certains des plus grands noms de la littérature viennent ici. Et puis on est à Jaipur, c'est le Diggi palace, il y a de la couleur, ça à l'allure d'un grand mariage indien. D'un certain côté, c'est un condensé de ce qu'est l'Inde: une économie émergente et la plus grande démocratie du monde.

Autre facteur important dans la réussite du JLF: les nombreux sponsors que ses organisateurs parviennent à convaincre chaque année, de Google à British Airways, en passant par Ford ou Coca-cola. Ce sont eux qui permettent au festival de rester gratuit. Cette année, le JLF a attiré près de 250 000 visiteurs en cinq jours, une augmentation de fréquentation 20% par rapport à l'année dernière. Et le festival, qui figure désormais parmi les cas d'étude de la prestigieuse Harvard Business School, a déjà franchi les frontières de l'Inde, comme l'explique Sanjoy Roy: Sanjoy Roy, en charge de la production et de la logistique du festival JLF :

L'année dernière nous avons exporté le festival au complexe artistique de Southbank, au Royaume-Uni et nous cherchions depuis longtemps à nous implanter aux Etats-Unis. Nous avons envisagé New York, Chicago, la Nouvelle Orléans, et puis nous avons reçu une proposition de la ville de Boulder au Colorado. L'Idée là-bas sera de continuer à promouvoir une rencontre en l'Orient et l'Occident, dans la lignée du festival de Jaipur.

Après les Etats-Unis et Londres, la marque "JLF" pourrait planter son drapeau à l'est : Les organisateurs du festival évoquent déjà une édition en Asie ou en Australie d'ici deux à trois ans. Ce qui confirmerait son ambition.

Jaipur - Rajasthan
Jaipur - Rajasthan © CC - Joanjoc
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