Un reportage de Marine de La Moissonnière, à Buenos Aires, en Argentine

La politologue Graciela Romer : « Cristina Kirchner a réussi à capter les votes des électeurs péronistes traditionnels, c’est-à-dire des couches populaires, mais aussi les votes d’une partie importante de la classe moyenne »

Cristina Kirchner
Cristina Kirchner © Expectativa Online

Dimanche prochain, Cristina Kirchner sera vraisemblablement réélue pour 4 ans à la tête d’un pays que l’on regarde un peu comme un exemple ces temps-ci. Dix ans après la pire crise économique de son histoire, l’Argentine semble en effet avoir redressé la barre. Grâce à la hausse des cours du soja, mais aussi grâce aux époux Kirchner.

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Avec entre 50 et 57% des intentions de vote, selon les derniers sondages, la réélection de Cristina Kirchner dimanche, dès le premier tour, est un fait acquis pour la plupart des observateurs politiques en Argentine. Une victoire aux allures de plébiscite qui s’explique avant tout par un bon bilan économique.

La politologue Graciela Romer : « Quand le bilan d’un gouvernement est positif, le candidat du parti au pouvoir est quasiment toujours réélu et c’est ce qui se passe aujourd’hui en Argentine. Mais au-delà de ça, il y a l’idée que la bonne santé économique du pays est liée à la politique mise en œuvre par Cristina Kirchner. Les gens soutiennent la voie qu’elle a choisie. Ils reconnaissent que la situation économique du pays est due à sa gestion, et pas seulement au prix du soja »

Cristina Kirchner a su s’attirer les faveurs des classes moyennes et basses en prenant plusieurs mesures sociales, comme la hausse des retraites et la mise en place d’allocations pour les enfants.

Il y a pourtant un secteur de la population qui ne votera pas pour elle. Ce sont les agriculteurs, qui n’ont pas encore digéré le conflit de 2008, quand la Présidente a voulu augmenter les impôts sur les exportations de soja, de maïs et de blé, sans même consulter le Parlement. Martín Perkins est propriétaire de 200 hectares de terre dans la province de Buenos Aires.

Martín Perkins : « Sous prétexte de redistribuer les richesses, Cristina Kirchner nourrit un secteur improductif de la population et empêche les agriculteurs d’investir davantage. Elle devrait au contraire faciliter les choses à ceux qui produisent. On devrait pouvoir embaucher plus de main d’œuvre ; transporter les céréales par train devrait être moins cher ; il devrait y avoir plus d’usines pour transformer les matières premières. Là, tout ce qu’elle fait, c’est qu’elle déshabille Pierre pour habiller Paul. Le pays ne croît pas de manière intelligente »

Martín Perkins votera donc pour le socialiste Hermes Binner, qui devrait arriver deuxième, très loin derrière Cristina Kirchner. Divisée, l’opposition n’a jamais su s’organiser, alors que le parti de la présidente n’a plus la majorité au Parlement depuis 2009.

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