Un reportage de Nicolas Ropert, à Kaboul, en Afghanistan

Vue de Kaboul
Vue de Kaboul © RF/ Vanessa Descouraux

Jean-Michel Muray : « Il y a une mortalité maternelle en Afghanistan qui est absolument effroyable, une mortalité liée à l’accouchement et une mortalité pour les nouveaux nés qui est absolument considérable »

Le docteur Jean-Michel Muray, gynécologue-obstétricien, fait partie d'une équipe de médecins français qui était en Afghanistan il y a quelques jours pour préparer le lancement de la nouvelle aile de l'hôpital français de Kaboul. Une maternité dont la première pierre a été posée le 20 octobre dernier par le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, en déplacement à dans la capitale afghane.

Et surtout, un établissement aux normes occidentales pour lutter contre le fléau de la mortalité des mères et des nouveaux nés.

Les travaux n'ont pas encore officiellement commencé. Des ouvriers s'activent pour préparer le terrain en vue du début de la construction. Un espace situé juste à côté du bâtiment déjà existant de l'hôpital pédiatrique français ouvert en 2005 et construit par l'ONG française La chaîne de l'espoir. Visite avec Hammad Durrani en charge de la communication de l'établissement.

Hammad Durrani : « C'est ici que nous aurons l'aile pour les femmes de l'hôpital français et donc vous aurez un immense bâtiment. Pour nous, c'est un énorme projet et nous sommes très impatients. »

En Afghanistan, selon les autorités, 50 femmes meurent chaque jour de complications liées à la grossesse.

Sage-femme à Paris, Agnès Simon a rejoint le projet il y a quelques mois.

Agnès Simon : « Notre première visite, ça a été surtout pour prendre des contacts car on ne veut absolument pas que cette maternité , ce pôle mères/enfants, soit isolé du reste des structures de santé de la région de Kaboul. Donc on a été voir un certain nombre de directeurs d’hôpitaux, qui nous ont dit ‘on a besoin de centres pour s’occuper de cas que nous, on n’arrive pas à gérer’ »

52 lits pour les femmes seront crées et 14 places pour les prématurés seront disponibles. Une première dans un pays où il n'existe pas d'établissement spécialisé dans la néo-natalité. Si des équipes européennes viendront faire des missions, le docteur Jean-Michel Muray, gynécologue à Pontoise, insiste sur le fait que les médecins seront tous Afghans.

Jean-Michel Muray : « C’est aider à construire un projet médical qui soit avec deux objectifs : d’exemplarité en termes de mode de fonctionnement et de prise en charge médicale ; et de formation post-universitaire pour les gynécologues accoucheurs afghans de Kaboul et de l’ensemble du pays qui voudront bien venir travailler un peu dans cette institution et surtout et beaucoup, des sages-femmes. »

__

Alors que le retrait des troupes de la coalition déployées en Afghanistan a commencé, beaucoup se demandent combien de temps ils vont encore pouvoir rester. Philippe Muller, bénévole de la Chaîne de l'Espoir, estime, lui, que c'est un devoir.

Philippe Muller : « On est peut-être uniques dans notre genre et notre approche, mais au niveau sécuritaire, certes il y a des dangers, mais il faut savoir les gérer. Le peuple qui restera en Afghanistan a besoin de l’aide de la communauté internationale et la France doit être présente. »

__

Les travaux débuteront à la fin de l'hiver. L'hôpital devrait pouvoir accueillir ses premières patientes à l'automne 2014.

La France va fournir 230 millions d'euros d'aide à l'Afghanistan d'ici 2016.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.