Un reportage de Pascale Guéricolas, à Québec, au Canada

Tikamaya Gurum :

Je m’appelle Tikamaya Gurum. Nom de famille Gurum, c’est difficile un peu !

Tikamaya Gurum, Bhoutanaise d’origine, a longtemps vécu dans un camp de réfugiés au Népal, s’efforce depuis son arrivée à Québec, d’apprendre le français.

Comme elle, plus de 5.000 Bouthanais commencent ici une nouvelle vie, car le Canada fait partie d’un groupe de huit pays qui a pris des mesures pour permettre aux Bhoutanais réfugiés dans les camps de l’est du Népal depuis les années 90, de mettre un terme à leur situation misérable.

La ville de Québec en a accueilli un millier environ, dont quelques-uns arrivés en décembre dernier. La question qui se pose désormais est celle de leur adaptation.

Pour les Bhoutano-Népalais qui arrivent à Québec, le choc, ce n’est pas seulement le froid, la langue française, mais aussi le mode de vie. Leur logement actuel a peu de points communs avec les habitations de bambou où ils ont passé 20 ans comme réfugiés. Installé depuis 2009 ici, Tulsi Tresahi fait office de médiateur :

La première fois qu’ils arrivent, ils ne savent pas comment fonctionnent l’eau chaude, l’eau froide, le poêle. Quand ils emménagent, c’est moi qui les aide à s’installer. Je leur explique l’utilisation du frigo, comment on va payer le loyer, utiliser les banques.

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Avec l’aide de Tulsi et d’organismes, les réfugiés découvrent la monnaie électronique, et souvent aussi la lecture et l’écriture. Tikamaya Gurum apprécie sa nouvelle existence bien plus agréable qu’au Népal où les Bhoutanais n’avaient pas de statut, comme elle l’explique à son fils :

Elle dit qu’ici, c’est mieux pour vivre sa vie ,parce qu’on bénéficie tous de services qui sont gratuits pour les immigrants.

À 20 ans, Mangalsin, le fils des Gurum , rêve de s’intégrer à la société québécoise, dont il apprécie l’égalité de droits entre tous les citoyens. Certaines choses l’étonnent quand même, comme le comportement des filles :

Les filles népalaises sont totalement différentes des filles québécoises. C’est interdit pour les Népalaises de fumer des cigarettes et de porter des vêtements courts devant les parents. C’est interdit !

Condamnée à des petits emplois au Népal, la patronne du Marché népalais prend son envol depuis son arrivée au Québec. Son commerce ressemble à une véritable caverne d’Ali baba, qui propose des épices exotiques, des vêtements ou de la vaisselle traditionnelle venue de Katmandou :

Par exemple, on utilise ce plat pendant le mariage pour la fille. On lui lave les pieds dedans puis on l’offre comme un cadeau. Et ce genre de bol, on les utilise pour les invités. On met la soupe de lentilles dedans, c’est vraiment respectueux, on ne la donne pas dans d’autres assiettes.

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Depuis quelques mois, l’épicerie devient donc un lieu de rencontre entre Bhoutano-Népalais à la recherche de leur culture et Québécois en quête de découvertes.

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