Un reportage de François-Xavier Freland, à La Havane, Cuba

Benoit XVI
Benoit XVI © Ammar Abd Rabbo

"On voit bien que des étapes primordiales sont en train d'être franchies. Pour qu'une figure aussi importante que celle du pape dans la religion catholique dans le monde, vienne ici, nous visiter, et que l'état soit prêt à le recevoir avec tous les honneurs… Je crois que cela résume assez bien les liens qui sont entrain de se resserrer entre l'église et le gouvernement"

Cette voix, c'est celle de Sergio, un jeune catholique cubain. Peut-on être catholique dans un des derniers pays communiste du monde ? L'envoyé spécial de RFI, François-Xavier Freland est allé enquêter à Cuba, quelques jours avant la visite du Pape, attendu le 26 mars prochain jusqu'au 28. Une visite déjà marquée par de nombreux incidents, alors que les opposants les plus critiques du régime veulent profiter de la visite papale pour faire entendre leur voix.

Si les cloches de La Havane ont peut-être sonné, le jour où les frères Castro descendaient victorieux, sur la capitale cubaine, après avoir chassé le dictateur Batista en 1959, ensuite, elles ne sonnèrent plus beaucoup. Certes, après l'époque de répression des années 60, vint la détente puis la reconnaissance de l'église catholique lors de la visite du pape en 1998 qui s'était achevé un jour de pluie, par cette phrase célèbre de Jean Paul II :"Le ciel cubain pleure parce que le pape s'en va. Parce qu'il vous quitte. Je voudrais que cette pluie soit un signe positif d'un nouveau vent pour votre histoire". 14 ans après cette visite historique, les choses continuent d'aller mieux entre l'église Catholique et le régime Castriste. Demetrio Boesner, spécialiste venezuelien des relations internationales, auteur de plusieurs ouvrages sur le communisme : "Les communistes dans l'actualité sont entrain d'abandonner l'athéisme extrême qu'ils ont défendu durant de longues années. Ils commencent partout à faire des concessions, d'ailleurs tout simplement par réalisme imposé par les circonstances. Aujourd'hui, ils sont sur la défensive alors ils essayent de conserver l'appui des couches populaires du monde qui sont en bonne partie des croyants." Mais à La Havane, quelque soit le contexte, on s'est habitué à prier dans la discrétion comme dans cette église du quartier du Vedado, un dimanche matin, pleine à craquer. Ici on chante un peu, mais dans les prêches : pas de politique, Le Père Fadriano Fuentes : "A Cuba de la couronne d'Espagne à aujourd'hui, ça fait déjà 500 ans, y a toujours eu liberté de culte. Je crois que la liberté de culte et la liberté d'expression, faut pas les mélanger. Ce sont deux choses bien différentes. Qu'une personne ne puisse pas parler à la presse, ou écrire dedans, ou ce que vous voulez, ne signifie pas que l'église ne peut pas célébrer les sacrements!."

A Cuba la Liberté de culte, ne rime pas forcément avec liberté d'expression. Sans aucun doute. Récemment une église a été prise en otage par une dizaine de dissidents. Ils demandaient au pape Benoit XVI de profiter de sa prochaine visite à Cuba pour exiger l'ouverture politique. L'église a finalement été rapidement évacuée, les troubles faits arrêtés sur le champ. Les autorités locales ont voulu rappelé ainsi qu'à Cuba, il ne pouvait y avoir qu'un seul son de cloche, celui du parti communiste.

Le dernier ouvrage de François-Xavier Freland Qui veut la peau d'Hugo Chavez aux éditions du Cherche Midi

http://www.cherche-midi.com/theme/Qui_veut_la_peau_d_Hugo_Chavez__-Francois-Xavier_FRELAND_-9782749120942.html

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