Un reportage d'Angèle Savino, à Caracas, au Venezuela

Hugo Chavez : « D'ou venons-nous ? Fidel l’a déjà expliqué. L'Histoire, ce n'est pas seulement des faits d'armes. L'Histoire, c'est un fait social et économique, source de conflits qui provoquent ensuite les faits d'armes. »

Hugo Chávez, chef d'Etat du Venezuela mort le 5 mars dernier des suites d’un cancer, animait l’un des premiers épisodes du programme télé “Alo Presidente” où il partageait l’émission avec celui qu’il appelait son “père spirituel”, Fidel Castro. Une émission dont les Vénézuéliens pourront désormais voir des résumés tous les dimanches pendant 3 heures.

Suivant ce modèle, le candidat chaviste Nicolas Maduro, veut lui aussi sa propre émission télé s’il est élu président le 14 avril prochain. Cela s’appellera “Dialogue Bolivarien” et il y invitera les Vénézuéliens de différentes tendances politiques à débattre.

Tous les dimanches, à 11h, on pouvait entendre cette musique. Hugo Chávez apparaissait alors par surprise dans un bidonville, dans un champ de mais, sur une plage, ou près d’une plateforme pétrolière. Reinaldo Iturriza, sociologue, se souvient des premières émissions “Alo Président” très pédagogiques.

Reinaldo Iturriza: « En nous faisant redécouvrir nos valeurs historiques, c’est-à-dire les trois racines : Bolívar, le libérateur, Simon Rodriguez le professeur de Bolívar, et Ezequiel Zamora le leader de la guerre fédérale, Chávez nous racontait l’Histoire, mais au présent. C’est tout cet imaginaire collectif que le président mettait en valeur lors les premières émissions. Il n’a d’ailleurs jamais arrêté de le faire, et il le faisait aussi avant la naissance de l’émission, mais surtout les premières années.

  • Il pouvait parler du pétrole ou de la raffinerie de tel endroit, et juste après, d’ raconter une anecdote de l’histoire de Bolívar…

Il commençait à parler d’un sujet quelconque, et on avait l’impression qu’il s’en éloignait, il se mettait à parler d’Histoire ou à raconter une anecdote, et au moment où personne ne s’y attendait, il revenait au sujet initial. C’était un homme qui avait la capacité extraordinaire de relier le particulier au général. Donc, oui une raffinerie pouvait être tout à fait être reliée aux indiens d’Amazonie ou même à l’Afrique. »

Fidel Castro :« Ceux qui te posent des questions alimentent tes réflexions, tes inquiétudes, et ce que tu leur dis ici avec autant de sincérité, suscite l’immense espoir de nos peuples. Donc fais bien attention aux critiques de nos concitoyens. »

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Fidel Castro conclue l’émission d’octobre 2000 en conseillant à Hugo Chavez d’écouter les voix critiques : un des engagements pris par le président, au lendemain de sa réélection en octobre dernier.

Douglas Rangel, étudiant en journalisme, reconnaît que ces dernières années Alo Presidente était plus un programme d’annonce gouvernementale qu’un échange direct avec les citoyens.

Douglas Rangel: « Je crois que le nouveau programme « Dialogue Bolivarien » annoncé par le président par intérim Nicolas Maduro, montre qu’il existe une nécessité de débattre de manière permanente. Le peuple a non seulement besoin d’être informé à propos de la gestion du gouvernement, mais il doit aussi pouvoir systématiser les dénonciations formulées sur twitter ou par mail, à travers ce nouveau ministère de « l’administration parfaite », comme ils l’appellent. Nous espérons vraiment que Nicolas Maduro mettra fin à ces problèmes. »

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Lutter frontalement contre la bureaucratie et la corruption, c’est l’engagement pris par Nicolas Maduro, s’il est élu le 14 avril prochain.

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