Un reportage de Pascale Guéricolas, à Québec, au Canada

Valérie Malémo : «Ça se règle, oui, on l’a vu avec le racisme. On a fait beaucoup de progrès. Ce n’est pas parfait. Je pense que l’homophobie peut être enrayée de la même manière qu’on a pu en finir avec le racisme dans les écoles

Valérie Malémo, membre de la Coalition des familles homoparentales au Québec, sait pertinemment que les préjugés envers les homosexuels et les bisexuels ont la vie dure, particulièrement en milieu scolaire.

Le mariage et l’adoption pour deux personnes de même sexe ont beau être reconnus depuis plusieurs années au Canada, les mentalités, elles, évoluent plus lentement.

Alors, la lutte contre l’homophobie a lieu dès l’école.

Régulièrement, l’assistante sociale France Cambronne rencontre dans son bureau aux allures de cocon, dans un collège, des élèves perplexes face à leur orientation sexuelle.

France Cambrone : « On remarque souvent des jeunes qui vont être isolés, qui vont avoir une période dépressive, qui vont être démotivés… Cela prend un peu de temps avant qu’ils réalisent que c’est peut-être par rapport à leur orientation sexuelle »

Plusieurs fois par an, l’assistante sociale invite donc des formateurs d’un organisme d’intervention à partager leur propre expérience de vie avec un groupe d’élèves de 14 ans. Marie-Philippe, une lesbienne, se souvient de ses interrogations quand elle avait 15 ans.

Marie-Philippe : «Je suis devenue très stressée. Pourtant j’étais dans un entourage très ouvert. Mais je ne sais pas pourquoi, quand moi ça m’est arrivé, il y a quand même eu quelque chose qui m’a retenu. J’en avais mal au ventre, je dormais vraiment difficilement, je pleurais toute seule chez nous là dans mon lit… »

La jeune femme, aujourd’hui fiancée, raconte ensuite comment elle a assumé sa sexualité.

Marie-Philippe : «J’ai rencontré l’amie d’une amie, puis cela a été le coup de foudre, je suis tombée en amour avec elle, et là c’était tellement intense que je me suis dit «’c’est sûr que c’est ça’… »

Face à l’histoire de Marie-Philippe et de Jean, un homme gai qui témoigne lui aussi, cette élève de quatrième expérimente la tolérance.

Une élève de 4ème : « Dans le fond, ces personnes là, il y en a qui passent par des trucs difficiles. Il faut les encourager, faut pas les rabaisser et les insulter, parce qu’ils sont comme nous, on ne doit pas juger. »

De tels ateliers constituent un des moyens mis en place par les collèges et les lycées québécois pour lutter contre les insultes, la violence, les moqueries dont peuvent être victimes certains élèves homosexuels. La sensibilisation se fait aussi auprès des futurs enseignants, notamment par les jeux de rôles.

Une coalition de familles homoparentales attire l’attention des profs de demain sur le fait que la famille, ce n’est pas seulement un papa et une maman.

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