Un reportage d'Olivier Poujade, à Rio de Janeiro, au Brésil

Manifestations au Brésil
Manifestations au Brésil © Radio France

Au Brésil, les manifestations anti corruption se multiplient. Depuis le mois de juin, quatre ministres du gouvernement de Dilma Rousseff ont été contraints de démissionner pour malversations financières.

Le 7 septembre jour de la fête nationale, 30.000 personnes avaient manifesté à Brasilia.

Hier, le mouvement « Tous unis contre la corruption », né sur Internet, organisait un rassemblement à Rio pour mobiliser les citoyens contre ce mal endémique qui touche le pays depuis des décennies.

La manifestation n’a rencontré que peu de succès parmi les Brésiliens qui ont pourtant des choses à dire, à l’image de Fernando.

Fernando : « Dilma, écoute bien présidente, tu as eu la confiance de ton peuple, si tu veux la garder, finis-en avec cette corruption, cette malhonnêteté »

Le nettoyage des ministres corrompus réclamés par les manifestants n'aura probablement pas l'écho escompté. Sur la place de Cinelandia, dans le centre de Rio, ils n'étaient pas plus de 3.000. Descendre dans la rue et faire entendre sa voix, ça ne fait pas partie de la culture brésilienne. Mais Cibelle veut croire que les choses sont en train d'évoluer.

Cibelle : « Ici on n’a pas l’habitude de faire ça, parce qu’on a eu la dictature. Tout le monde a été élevé pour ne pas penser les choses, ne pas discuter les choses. Mais là, ça commence. Il y a une génération qui n’a pas grandi avec le fantôme de la dictature, donc cela commence à changer un peu et on veut que ça change ! »

Si la mobilisation est encore hésitante, ceux qui ont tenu à manifester restent convaincus que la corruption est une pratique presque culturelle au Brésil. Entre 17 et 30 milliards d'euros seraient détournés chaque année. Eudes Santos l'un des organisateurs estime que ce type de rassemblement est essentiel, même si c'est loin d'être suffisant.

Eudes Santos :« Au Brésil, on est pleine effusion de corruption et le peuple en a ras-le-bol. On ne supporte plus ça. C'est un cancer qui est incrusté au plus profond de notre société, de notre classe politique. On leur envoie un message : réfléchissez, améliorez les choses, sinon on vous met dehors»

Depuis le mois de juin, la présidente Dilma Rousseff tente timidement de faire face à cette série de scandales de corruption. Une commission d'enquête parlementaire a été créée, chaque ministre suspecté a dû démissionner, mais dans la foule, Eliace estime lui qu'elle ne va pas dans le bon sens.

Eliace : « Elle se trompe complètement. Elle doit s'éloigner de ce maudit Lula. Elle doit gouverner sans lui, c'est lui qui lui a mis cette brochette de voyous dans les pattes. Elle doit mettre tous ces ministres à la rue et les remplacer par des techniciens compétents »

C'est au son d'un morceau culte des années 80 dénonçant la corruption que s'est déroulée la manifestation. « Qu'est ce c'est que ce pays ? » dit la chanson. Une nation qui indignée par le comportement de sa classe politique, mais qui ne trouve pas le moyen de se mobiliser.

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