Dire la vérité c’est dire que nous ne pouvons plus vivre dans le même confort et dans la même improductivité dans quelle nous étions.

Nous sommes en Algérie et vous venez d’entendre bderrahmane Benkhelfa, le ministre des Finances algérien. L’Algérie a perdu 45% de ses revenus à cause de la baisse des prix du baril du pétrole, et après avoir refusé pendant des mois de parler de crise, le gouvernement tente aujourd’hui de mettre en place une politique d’austérité. Mais les critiques sont nombreuses. A Alger, Leïla Beratto.

La valeur du dinar chute. Les produits importés sont plus chers, et au marché, les prix ont augmenté.

Depuis des années, le pain ou le lait subventionné ont résisté aux hausses de prix. Mais cela va changer. C’est ce qu’explique le ministre des finances Abderrahmane Benkhelfa au micro de la radio nationale algérienne.

Les subventions continueront à se faire mais dans les années à venir, il va falloir les cibler, parce que maintenant, elles sont généralisées et elles sont donc inéquitables.

Le texte qui donne le départ de cette nouvelle politique de restriction budgétaire, c’est la loi de finance 2016. Entre bagarre, cris et insultes, le vote du texte début décembre à l’assemblée nationale a été mouvementé.

Chafia Metalecheta, député des Algériens de l’étranger, estime surtout que cette loi et les mesures d’austérité, seront incompréhensibles pour la société.

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On a habitué la société à vivre des deniers publics à travers des programmes politiques où on a saupoudré la société particulièrement la jeunesse avec de l’argent, sans jamais le contrôler, et aujourd’hui, on leur demande de faire des restrictions sur tout.

L’expert financier Lyes Kerrar souligne pourtant que cette loi précise n’instaure que de petites augmentations de taxes sur l’électricité et le carburant. Bien loin de ce qui serait nécessaire. Pour lui, le malaise vient d’ailleurs.

On est tous conscient que notre train de vie est au-dessus de nos moyens, que l’on sera obligé de revoir notre façon de dépenser, de gaspiller. On sait qu’on doit le faire, donc l’angoisse vient de ce qui va venir dans le futur.

La semaine dernière, dans la capitale, les chauffeurs de bus, les habitants d’un quartier précaire et des ouvriers ont manifesté. Si les motifs étaient différents, on sent bien qu’imposer des augmentations du coût de la vie, ne se fera pas facilement.

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