Un reportage de Claire Martin, à Santiago, au Chili

Anne-Sophie Dutat : « Le chemin de l’entrepreneur est un chemin assez solitaire. Le fait d’être tous les jours avec une centaine de personnes venues du monde entier et qui vivent la même chose que toi, même s’ils n’ont pas le même projet, c’est une force créative incroyable »

Start-up Chile logo
Start-up Chile logo © Radio France / Start-up Chile

Anne-Sophie Dutat est une jeune Française qui a décidé de partir six mois au Chili pour développer son idée de start-up : Guia Vulevu,un site internet des petits luxes quotidiens dans les capitales sud-américaines.

Pourquoi au Chili ? Pour sa mini Silicon Valley. Depuis un an et demi, un programme gouvernemental appelé Start-Up Chilé accueille des entrepreneurs prometteurs du monde entier qui veulent investir sur Internet, que leur projet soit abouti ou au simple stade d’idée.

Au cœur de Santiago, dans de grands bureaux modernes en open-space aux immenses baies vitrées, plus de cent cinquante jeunes aux accents du monde entier pianotent sur leur ordinateur portable. Bienvenue à Start-Up Chile, une plateforme de création d’entreprise tournée vers l’international et une porte d’entrée vers l’Amérique latine. C’est en tout cas l’ambition de ce programme. Jean Boudeguer en est le directeur.

Jean Boudeguer : « Start-Up Chile rembourse les frais des projets à hauteur de 40 000 dollars. Nous donnons aux entrepreneurs un visa de travail d’un an. Nous devons d’ailleurs détenir le record d’obtention de visas ! En un jour, il est prêt ! »

Le programme dure six mois. Les participants peuvent s’installer n’importe où au Chili. Mayel de Berniol, 26 ans, a lancé Babelverse, un réseau d’interprètes qui traduisent en direct n’importe quelle conversation ou conférence.

Mayel de Berniol : « Ils fournissent des fonds sans prendre des parts dans la société. Cela, c’est unique dans le monde et ça se rapproche d’un système de bourse »

Cleamsy Raemy, lui, a 29 ans. Il est Suisse. Il a créé SaferTaxi, une application de smartphone qui permet d’avoir un taxi référencé, avec wifi, partout dans le monde.

Cleamsy Raemy : « L’argent de Start-Up Chile a constitué notre premier capital. Il nous a permis d’aller trouver d’autres investisseurs. Du coup, on a recueilli un million de dollars de plus de ventures américaine et argentine. Et tu n’es pas obligé de dépenser un centime de ce que te donne le pays au Chili, tu peux le dépenser là où tu en as besoin pour réussir. Je n’ai vu nulle part ailleurs un programme qui donne de l’argent gratuitement pendant six mois pour tenter de lancer sa start-up et trouver des investisseurs »

Egalement important : le réseau. Chaque vague d’arrivants compte cent-cinquante à trois cents entrepreneurs. Le Franco-anglais Jeremy Melul a créé Jogabo, un site qui permet de trouver partout dans le monde des coéquipiers pour un petit match de foot.

Jeremy Melul : « C’est le seul programme incubateur avec autant d’internationaux. C’est vraiment un avantage pour les start-up, surtout au début. Cela nous permet d’échanger des idées avec les gens »

__

Seule condition pour les entrepreneurs : donner des conférences pour développer chez les Chiliens le goût de l’innovation et de la création d’entreprise tournée vers l’international.

Les liens

Start-Up Chile

Babelverse

Safer Taxi

Jogabo

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.