Un reportage d'Eric Samson, à Quito, en Equateur

Gaetan Morency : « Nous, cela fait plus de 15 ans qu’on fait du Cirque Social. Les qualités des arts du cirque pour travailler avec les jeunes en difficultés sont de plus en plus reconnues un peu partout dans le monde. Donc il y a vraiment un mouvement de cirque social qu’on peut observer en Europe, aux Etats-Unis, en Amérique Latine et en Afrique tout autant. »

Gaëtan Morency est le vice-président du service de Citoyenneté du fameux Cirque du Soleil. Fondé à Montréal, ce cirque est aujourd’hui une véritable multinationale du spectacle qui a développé un programme social intitulé les « Cirques du Monde » ou « Cirques sociaux », des programmes à vocation sociale pour aider les jeunes en difficulté.

Un programme expérimenté en ce moment en Equateur.

En 2009, le vice-président équatorien se déplace au Canada pour suivre les activités du Mois du Rire, à Montréal. Il y découvre ce que l’on appelle au Québec les « Cirques du Mondes » ou « Cirques Sociaux ». L’idée est d’utiliser les arts du cirque pour aider les jeunes en difficulté, notamment ceux qui vivent dans la rue.

Gaëtan Morency : « Les arts du cirque en général ce n’est pas très pris au sérieux. Pourtant ils débordent de l’humour, il y a de l’acrobatie. Ils sont bien reconnus ici. C’est un programme social qui est reconnu par les plus hautes autorités donc les conditions propices pour réussir. »

Les cirques sociaux existent aujourd’hui dans 20 pays et plus de 60 villes. L’Equateur est l’un des derniers pays en date à avoir développé une expérience de cirque social, avec une particularité : le programme est financé par le gouvernement et soutenu par le vice-président Lenin Moreno.

Lenin Moreno : « Le cirque est une école d’excellence qui demande une volonté extrême. Pour faire du cirque, on doit soigner son corps, ne pas boire, ne pas se droguer. Nous souhaitons que les jeunes véhiculent ces vertus du cirque et montrent l’exemple dans leurs quartiers, dans les écoles, chez eux… Le cirque social augmente leur estime personnelle, les fait travailler de façon solidaire et aider leurs communautés ».

Josué Toapanta a commencé à faire du cirque à 17 ans, dans les parcs et les carrefours de Quito. C’est un volontaire du Cirque Social équatorien. Il confirme l’impact des arts du cirque sur certains jeunes en difficulté…

Josué Toapanta: « On a un jeune qui est arrivé récemment. Super timide, réservé… On lui a fait faire des exercices, des saltos, et comme il les a bien fait tout le monde l’a félicité et il s’est ouvert. Il a commencé à se faire des amis. Le cirque social c’est comme une famille qui t’aide à être une meilleure personn e ».

Le Cirque du Soleil a déjà envoyé 3 missions en Equateur pour former des artistes et des travailleurs sociaux. En moins de 2 ans, plus de 19.000 jeunes en difficulté ont été suivis. Des jeunes que les volontaires, comme Cristian Neiva, sont allés chercher un peu partout : dans les rues, les marchés et jusque dans les prisons.

Cristian Neiva: « Il y a des zones vulnérables où les parents travaillent tout le temps et les enfants restent seuls. Qu’est-ce qu’ils font ? Ils retrouvent des amis qui n’ont rien à faire non plus. Donc ils ne font rien de constructif ou alors des bêtises : ils rejoignent des pandillas, des gangs de rue. Quand on leur propose de faire du cirque, ils sont contents parce qu’ils ont quelque chose à faire de leur temps libre même si ce n’est pas facile parce qu’il y a des jeunes très agressifs ou très tristes ».

Le programme du Cirque Social équatorien est aujourd’hui en plein développement dans 6 villes du pays. Les premiers chapiteaux seront montés dans un mois ou deux, en attendant la création de la première école de Cirque du pays, normalement en 2014.

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