Un questions-réponses réalisé avec Régis Genté, en direct de Tbilissi, en Gérogie

Tbilissi - Géorgie
Tbilissi - Géorgie © radio-france

Le dimanche 25 mars 2012, l’Ossétie du Sud, une minuscule république séparatiste de Géorgie, élit son Président. Une drôle d’élection, à vrai dire, puisque celle qui a remporté le 1er tour est privée de second tour. Ce sont les bonnes vieilles méthodes soviétiques que l’on nous ressort ?

C’est le moins que l’on puisse dire. Et cela dit aussi quelque chose de la Russie d’aujourd’hui.

Alla Djioïeva, 62 ans, avait été élue en novembre dernier, dès le premier tour, avec semble-t-il 57% des suffrages.

C’est du moins le chiffre qui avait été communiqué par la commission électorale, suite aux résultats obtenus auprès de 74 des 85 bureaux de vote.

Et c’était une élection surprise… Personne ne l’attendait.

Pas même le président sortant, Edouard Kokoity, qui s’est empressé de faire arrêter le décompte des voix et a fait en sorte que la soit disant Court Suprême de la république disqualifie Mme Djioïeva.

Le tout manifestement encouragé par Moscou.

-__ Quel rôle a joué la Russie, laquelle depuis 20 ans soutient le séparatisme de cette région, géorgienne, et en a reconnu unilatéralement l’indépendance, en août 2008, au terme de la guerre russo-géorgienne…

Je dois d’abord dire que le Kremlin avait son candidat, pour le premier tour. Le pâle Anatoly Bibilov.

Le Président russe, Dimitri Medvedev, l’avait même gratifié d’une poignée de main, devant les caméras.

Pensant que cela suffirait à assurer la victoire de ce candidat quasi parachuté… C’est le contraire qui s’est passé.

Après cette cuisante défaite, Mme Djioïeva a été soutenue par les citoyens Ossètes, qui finalement ne veulent pas que ce soit Moscou qui leur dicte qui doit être leur Président.

Il y a eu un bras de fer, où jamais Moscou ne l’a soutenue.

C’est même un citoyen russe, Vadim Brovtsev, qui a été placé par Moscou comme Président par intérim.

Finalement, Mme Djioïeva a été un temps autorisée à se représenter jusqu’à ce qu’on l’écarte, physiquement, elle a même dû se faire soigner à l’hôpital quelques jours.

Dimanche, elle ne fera pas partie des 4 candidats en lice.

-Le comportement de Moscou est loin de la prétendue défense du peuple ossète, qui avait motivé la guerre russo-géorgienne d’août 2008.

Personne n’y a jamais vraiment cru ici, dans le Caucase.

En privé, les habitants, voire parfois les dirigeants, de ces régions séparatistes géorgiennes, vous confient qu’ils n’ont aucune confiance dans Moscou. Que la Russie ne se soucie que de ses intérêts et agit comme une Etat impérialiste.

Mais comme il y a eu des guerres pour la sécession, en 1991-93, la Géorgie d’alors s’est très mal comportée, comme le pouvoir géorgien actuel ne rassure pas les Ossètes, ces derniers préfèrent malgré tout vivre dans un semblant d’indépendance, sous protection russe.

Mais, ils savent bien que c’est le contrôle de la Géorgie qui importe à Moscou, pas le bien être es Ossètes du Sud.

Il y a près de 4.000 soldats russes qui servent aujourd’hui en Ossétie du Sud, à une cinquantaine de kilomètres seulement de là où je vous parle, Tbilissi, la capitale de la Géorgie.

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