Un reportage à Bethléem du correspondant de RFI et France Inter en Cisjordanie, Nicolas Ropert

Rula Maaya, la ministre palestinienne du tourisme :

A cause de l’agression dans la bande de Gaze et les violences à Jérusalem, il y a beaucoup de touristes qui ne sont pas venus. Le résultat c’est une petite baisse.

Rula Maaya est la ministre palestinienne du tourisme. La responsable tente de relativiser la baisse de la fréquentation à Bethléem pendant ce mois de décembre. Elle est d'environ 20% par rapport au mois de décembre 2013. En cause, la guerre cet été à Gaza et les violences répétée à Jérusalem. Les commerçants palestiniens comptaient pourtant sur cet événement dans une région dont l'économie repose essentiellement sur le tourisme .

Ce n'est pas la foule des grands jours sur la place de la mangeoire qui fait face à la Basilique de Navité de Bethléem. Sur la terrasse du Square, un des restaurants de la place, quelques touristes mais beaucoup moins que les années précédentes déplore George, le propriétaire de l'établissement.

George, restaurateur :

La situation est très mauvaise. On ne peut pas dire qu'il y ait beaucoup de monde. On devrait être en haute-saison en cette période mais on a autant de monde qu'en basse-saison. J'espère au moins que nous serons pleins pour le jour de Noël. Mais regardez, tous les jours il y a un incident à Jérusalem : il y a des tirs, des morts par balle. C'est une catastrophe pour les touristes... Même moi j'ai peur d'aller à Jérusalem. Comment voulez-vous que réagissent les touristes ? Bien sûr qu'ils ont peur...

Noël morose à Bethléem
Noël morose à Bethléem © Nicolas Ropert

L'année avait pourtant bien commencé avec notamment la visite du Pape François sur place en mai dernier. Plusieurs milliers de pèlerins avaient visité Bethléem. La ville avait su répondre à l'événement. Rula Maaya, la ministre palestinienne du tourisme, souhaite cependant relativiser la baisse du nombre de visiteurs.

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A l'hôtel Bethléem, l'un des 48 établissements de la ville, Jeries Alaria, le manager, a du faire avec les annulations. L'hôtel a perdu près d'un quart de son chiffre d'affaire depuis cet été. Les 220 chambres que comptent l'établissement sont loin d'être toutes occupées.

Jeries Alaria, manager de l'hôtel Bethléem :

En ce mois de décembre, la moitié de nos chambres sont réservées. Cela aurait dû être largement supérieur. Mais à cause de la guerre à Gaza, nous ne pouvons pas faire mieux. Pour nous les mois les plus forts sont septembre, octobre et novembre... Mais nous avons réussi à nous en sortir. Nous espérons que la guerre est derrière nous maintenant.

Preuve que Bethléem mise sur le tourisme : 4 hôtels sont actuellement en construction afin de permettre aux visiteurs et pèlerins de découvrir la ville qui a vu naître, selon la tradition, Jésus.

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