Israël est sans doute le pays qui traite depuis le plus longtemps avec la menace terroriste. Dans les années 1990 les attentats suicides ont fait leur apparition, avec une très forte intensité au début des années 2000. Depuis les attaques ont diminué et changé de forme. Aujourd’hui le pays est sous la menace des attaques au couteau, à la voiture bélier et de plus en plus à l’arme automatique artisanale.

Israel s’est dotée d’une culture de la sécurité.

Bonjour Etienne Monin

Dans le quotidien comment cela se caractérise?

Il y a ce qu’on peut voir.

Les détecteurs de métaux dans le cinémas

Les contrôles à l’entrée des centres commerciaux. Et de l’aéroport de Tel Aviv

Et l’autorisation donnée à certains habitants, d’avoir dans la rue, une arme automatique ou un pistolet sous certaines conditions.

Ensuite il y a le contrôle :

On est ici dans un conflit historique, avec un contexte d’occupation qui dure depuis depuis presque un demi-siècle.

La menace vient principalement des groupes radicaux palestiniens.

Elle s’est élargie ces 6 derniers mois à des jeunes sans lien avec les mouvances terroristes.

La population palestinienne est donc soumise aux contrôles, et aux fouilles, ça se voit à la sortie de certains quartiers de Jérusalem-Est, et aux points de passages du mur de sécurité qui a été construit pendant la 2eme Intifadah, pour séparer physiquement Israël des territoires occupés.

Il y a aussi en Israël un important service de renseignement intérieur, quelle est la doctrine en matiere de sécurité? ?

C’est une doctrine préventive.

L’idée c’est d’arrêter avant le passage à l’acte.

L’outil c’est la mesure de « détention administrative » qui permet d’incarcérer sans jugement, sans accès au dossier, pour 6 mois reconductible.

L’acteur principal c’est le Shin Beit, les services de renseignement intérieur rattaché au Premier ministre.

Le cran de sûreté c’est l’autorité palestinienne qui mene aussi des arrestations préventives.

L’intensité, elle se mesure aux chiffres donnés par l’une des organisations palestiniennes qui soutient les prisonniers. Ces 6 derniers mois le nombre de détention administrative a doublé.

Israël utilise aussi un arsenal répressif. Ces mesures touchent les familles des auteurs d’attaque. Dans cette nouvelle vague de violence, les maisons ont à nouveau été detruites et les corps des auteurs ont été rendus tardivement, sous condition, avec un encadrement des funérailles.

Est ce qu’il existe en Israël, le debat qu’il y a en France entre sécurité et liberté publique ?

Ce débat n’existe pas.

Les réseaux sociaux sont surveillés.

Mais sur cette nouvelle vague de violence la sécurité en Israel a touchée une limite. Elle est confronté à des jeunes palestiniens deconnectés des organisations traditionnelles. Et l’armée plaide pour une reponse qui intègre la dimension politique du problème.

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