Un reportage de Coralie Garandeau, à Fresno, en Californie

Police en Californie
Police en Californie © sgreau /

Alors qu’au niveau fédéral, la dette des Etats-Unis atteint des records et qu’à Washington, républicains et démocrates ne trouvent pas d’accord sur les réductions de déficits et le plan de relance de l’emploi de Barack Obama, les effets des coupes budgétaires sont très concrets pour les américains. Education, santé, justice, sécurité… tous les secteurs publics sont touchés.

A Fresno, en Californie, ce sont les effectifs de police qui sont touchés. Solution trouvée pour palier ce problème : des officiers bénévoles, comme Dennis, avec lequel Coralie Garandeau a patrouillé.

Femme sergent : « Salut Dennis ! Merci d’être venu aujourd’hui. Est-ce que tu peux aller vers le quartier nord-est voir si les officiers ont besoin d’aide ? »

Ils sont professeur d’espagnol, retraité ou manager de pizzeria et tous, policiers bénévoles. Ils font la circulation, relèvent les empreintes et patrouillent dans la ville. Dennis fait partie des cent-cinquante bénévoles de Fresno. Il a perdu son emploi, dans une imprimerie, il y a deux ans.

Dennis : « Quand on m’a viré, j’ai très mal vécu de ne plus travailler. Là, je peux de sortir de chez moi et me sentir utile. C’est le cas quand mes officiers me remercient d’être venu »

Dennis est appelé sur un accident. Il place des cônes sur la route pour sécuriser le carrefour. L’officier présent apprécie le coup de main.

Officier : « On n’est pas nombreux. Ils nous aident énormément, surtout quand on est appelés ailleurs. Je pourrais partir, là, et il serait responsable à ma place. Donc oui, ils sont supers, j’aimerais qu’on en aie plus »

Ces dernières années, la police de Fresno a supprimé trois cent cinquante postes pour faire des économies budgétaires : un tiers de son effectif. Le sergent Trobough gère et encadre les bénévoles.

Sergent Trobough : « Les coupes budgétaires nous ont obligés à éliminer des postes fixes au commissariat ainsi que des postes d’officiers de terrain. Pour pouvoir fournir un service très demandé dans les quartiers et que tout le monde soit en sécurité, on doit trouver une solution. Nos bénévoles sont là pour ça. On ne veut pas qu’ils soient de vrais officiers de police, mais ils viennent en support. Ils ne se confrontent à personne, ne s’occupent pas des arrestations. Ils sont notre deuxième paire d’yeux »

Et surtout, ils ne sont pas armés ; ils portent juste une bombe lacrymogène. Judy travaille au standard du commissariat et fait cinquante heures supplémentaires par mois comme bénévole. Pour elle, sa présence dans les quartiers fait la différence, surtout auprès des jeunes.

Judy : « Ils sont plus susceptibles de venir vers quelqu’un comme moi que vers un officier. Ils ne nous voient pas comme une menace, je pense. Merci les gars ! Soyez prudents par là ! OK ? »

Les bénévoles de Fresno sont souvent montrés en exemple. La criminalité baisse. Plus de deux mille villes américaines ont adopté le même système.

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