Le mois de novembre en Angleterre, c’est la saison des « poppies », ces coquelicots en papier que l’on porte généralement à la boutonnière en hommage aux forces armées. Chaque année, le Royaume-Uni s’interroge : faut-il ou non porter un poppy ? Cette année, le débat a été encore plus intense que d’habitude. Un reportage de Franck Mathevon.

Poppy
Poppy © corbis / Lensi Photograph

Jusqu’à la fin de la semaine dernière, vous n’y échappiez pas en Angleterre : les poppies étaient partout. Tradition britannique bientôt centenaire, on les porte à partir de début novembre jusqu’au 11, parfois un peu après. Un hommage à l’origine réservé aux soldats tombés lors de la Grande Guerre, aujourd’hui plus généralement aux forces armées. Alors est-il impératif d’en porter un ? Andrew, croisé dans les rues de Londres, poppy à la boutonnière, donne sa réponse…

Je pense que oui… c’est un hommage à ceux qui sont morts dans divers conflits de par le monde. En le portant, on a une pensée pour ceux qui ont fait le sacrifice ultime pour nous, pour moi, pour me permettre de vivre ici aujourd’hui.

Mais de nombreux Britanniques bien sûr ne portent pas de poppy. Choix souvent difficile à assumer, surtout pour un personnage public. L’actrice Sienna Miller s’est ainsi attiré les foudres des tabloïds pour être apparue récemment sans poppy dans un célèbre show télé. Elle a dû présenter ses excuses sur la chaîne ITV.

C’est malheureux que ça ait pris de telles proportions. Je ne pense pas que quiconque dans ce pays ne soit pas reconnaissant du travail de nos soldats. Ce n’est faire offense à personne de ne pas porter un poppy tout le temps. Mais il y a toujours des gens qui ne retiennent que le négatif.

Passer à la télé sans poppy est presque considéré comme une offense nationale. Le célèbre présentateur du JT de Channel Four Jon Snow a toutefois décidé qu’il n’en porterait pas, qu’il ne cèderait pas, a-t-il dit, à la dictature du poppy.

Ce débat ne sera jamais tranché… Il n’aurait sans doute pas lieu en France. Il reflète l’attachement du Royaume-Uni aux forces armées.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.