Un questions-réponses réalisé avec Eric Samson, en direct de Quito, en Equateur

Publicité pour le don d'organe
Publicité pour le don d'organe © LeJyBy

En Equateur, la loi fait désormais de tous les Equatoriens et de tous les étrangers qui résident légalement dans le pays des donneurs d’organes volontaires, à moins qu’ils ne fassent savoir de leur vivant qu’ils y sont opposés.

Cette loi a été approuvée en mars 2011, mais elle n’est en fait entrée en vigueur que très récemment.

En effet. Les autorités ont choisi de prendre un an pour préparer l’application effective de cette loi quelque peu polémique.

Nous sommes tous aujourd’hui, moi y compris, des donneurs d’organes d’office. Si une personne ne veut pas l’être, elle doit faire inscrire cette volonté personnelle sur sa carte d’identité équatorienne. Il a donc fallu créer un programme informatique, une plateforme technologique qui centralise les noms des personnes ne souhaitant pas donner d’organes. Cette année de préparation a également été utilisée pour demander aux Equatoriens de parler du sujet avec leurs proches, de faire savoir leur volonté et de demander que cette volonté soit respectée.

- Quel bilan dresser de l’application de cette loi, depuis un mois ?

Ce bilan va au-delà des espoirs des promoteurs de cette loi. Le texte cherchait à modifier la réaction négative de la famille qui, au moment de la mort, avait tendance à refuser le don d’organes. Souvent, la réponse avait tendance à être négative. En plus en Equateur, en Amérique latine en général, c’est un peu comme en Afrique, la famille c’est grand... Donc parfois, les parents donnaient leur accord mais un oncle, des amis, des voisins disaient non et bloquaient la procédure. Ces réticences sont apparemment en train de tomber, selon la docteur Diana Almeida, la directrice exécutive de l’ONTOT, l’organisme public qui gère tout ce qui est dons d’organes en Equateur.

Selon ses chiffres, 95%. des personnes qui viennent renouveler leur carte d’identité et à qui on pose la question souhaitent rester donneurs. 2% manifestent une opposition sélective : ils veulent bien donner certains organes, mais pas d’autres. Donc finalement -et c’est un résultat exceptionnel- on peut dire que seulement 3% de la population ne souhaitent pas se transformer en donneurs d’organes en cas de mort cérébrale.

Durant le premier trimestre 2011, il y avait eu 35 transfusions d’organes en Equateur. Ce chiffre a été multiplié par plus de 4 cette année : on en est à 160 opérations. Les gens ont compris que cela peut aussi leur être bénéfique. C’est l’Etat qui paie la totalité des frais, donc tous les donneurs sont aussi des récepteurs potentiels d’organes.

-Finalement, cette loi règle-t-elle le problème du manque de dons d’organes en Equateur ?

On pourrait le penser, mais en fait non. Car toutes les victimes d’accidents de la route, par exemple, ne peuvent pas être donneurs. Pourquoi ? Parce qu’après la mort cérébrale d’une personne, il faut que le cadavre se trouve dans un hôpital équipé pour retirer et conserver les organes. On estime que seuls de 3 à 5% des morts dans les services d’urgence peuvent servir pour les récupérer. Donc, la situation s’est nettement améliorée, mais il y a encore un manque pour les patients qui attendent une transplantation.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.