Un reportage de Reza Nourmamode.

En Bolivie, on ne manque pas d’imagination à l’heure de renforcer la libido. Dans ce pays à forte tradition indigène, certaines recettes aphrodisiaques ancestrales et transmises de génération en génération s’exportent même au-delà des frontières nationales.

Bolivie, 2005
Bolivie, 2005 © DR Raymond Depardon

Les deux principales : une soupe à base de pénis de taureau et de la poudre d’un tubercule qui ne pousse que sur les haut-plateaux arides de la cordillère des Andes. Au menu de ce restaurant d’un quartier populaire de La Paz, la soupe de cardan, le plat aphrodisiaque le plus célèbre du pays. L’ingrédient principal : le pénis de taureau que la patronne, Aydé Urquizo, cuisine avec amour et consomme depuis vingt ans.

Pour préparer ce met délicat, il faut cuire l’organe durant douze heures, pour qu’il soit bien tendre. On y ajoute du poulet,

Dans la salle, une clientèle d’habitués savoure le plat dès 8 heures du matin. La soupe de cardan est traditionnellement consommée après une nuit de fête bien arrosée, avant de se rendre à un mariage, ou bien encore pour préparer un rendez-vous galant. Le fameux effet semble en effet immédiat sur certains consommateurs, comme Alvaro:
L’autre secret des boliviens pour améliorer l’ordinaire, c’est la _maca_ , un tubercule de la famille du chou et du navet et qui ne pousse qu’au-dessus de 3 800 mètres d’altitude dans des conditions climatiques extrêmes. Luis Apaza, de la société Alcos, qui commercialise la plante.
Willy est agriculteur dans la région d’Oruro, au sud de La Paz. Il y a cinq ans, il a rajouté de la maca entre ses plants de laitue. Il garantit les effets de ce produit consommé dans les Andes depuis avant l’époque des Incas. Grâce aux vertus du tubercule, cet agriculteur a aussi augmenté ses revenus d’environ 500 euros par an, comme 250 autres familles dans la région. Une fois réduite en poudre, la maca s’exporte en effet jusqu’au Canada et en Allemagne.
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