J'ai acheté un sac Louis Vuitton en Corée du Sud et un autre sac, Prada, à Hongkong. C'est bien moins cher qu'en Chine ! Environ 30% de moins.

Nous sommes à Shanghai et vous venez d'entendre cette consommatrice chinoise rencontrée à la sortie d'un magasin Louis Vuitton. Elle n’est pas la seule à préférer acheter ses sacs de marque à l’étranger... Cette année, en Chine, on trouvera moins de produits de luxe sous le sapin de Noël. Pour la 2e année consécutive, les grandes maisons voient leurs ventes baisser. Elles qui avaient beaucoup misé sur la consommation des riches chinois revoient aujourd'hui leurs ambitions à la baisse. Le reportage à Shanghai de Delphine Sureau...

Les sapins de Nöel scintillent à l'entrée du Plaza 66... Le temple du luxe. Ici, la boutique Chanel fait face au magasin Louis Vuitton. Xiao Lu – la trentaine- en sort justement, les mains vides...

La différence de prix entre la Chine et l'étranger est trop importante. Les magasins de luxe ne vendent pas beaucoup ici. Les chinois préfèrent acheter via des intermédiaires qui s'approvisionnent à l'étranger. Et ça les marques n'aiment pas.

Certaines ont donc décidé de baisser leurs prix, pour absorber une partie des taxes imposées en Chine sur le luxe. Après une décennie de croissance fulgurante, les ventes du secteur ont ralenti pour la première fois l'an dernier. Elles vont encore se contracter de 2% cette année.

Alors oui, les chinois aiment toujours le luxe, mais avec le ralentissement de la croissance, leur pouvoir d'achat a diminué surtout pour ceux qui ont joué en bourse.

Ils vont donc moins consommer. Si les ventes de Grand Marnier continuent à croitre, la situation est plus difficile pour les alcools statutaires. En Chine, plus question d'offrir un cognac de 300 euros... lutte anti-corruption oblige.

Dos au mur, les groupes de luxe adaptent donc leur stratégie. Louis Vuitton – qui a ouvert 41 boutiques dans le pays – vient d'en fermer trois. Et toutes les marques se penchent – un peu tardivement- sur le e-commerce, qui explose en Chine.

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