Un questions-réponses réalisé avec Delphine Minoui, en direct de Beyrouth, au Liban

Un questions-réponses réalisé avec Delphine Minoui, en direct de Beyrouth, au Liban

Twitter Iran's Flag
Twitter Iran's Flag © People's Open Graphics

En Iran, un opposant emprisonné vient d’oser l’impossible. Il s’appelle Heshmatollah Tabarzadi et sur une vidéo filmée depuis sa cellule à partir d’un téléphone cellulaire, il se lance dans un plaidoyer foudroyant contre le régime de Téhéran. Son mini-film a aussitôt fait le tour de la blogosphère iranienne. On pensait l’opposition iranienne décimée, mais là, quelle audace !

Oui, c’est un pari audacieux, et surtout très risqué... En 2009, souvenez-vous, les manifestations contre la réélection frauduleuse du président Ahmadinejad ont failli faire vaciller le régime. Alors, depuis, le pouvoir resserre l’étau sur les dissidents. Ils sont surveillés, traqués par la police secrète, leurs articles sont censurés.

Et puis, il y a tous ceux qui ont fini en prison. Leurs conditions de détention sont terribles : des cellules microscopiques, des interrogatoires qui durent des heures et des heures. Souvent, ils n’ont aucun droit de visite, ni de leurs avocats, ni de leurs familles.

Et pourtant, ils refusent de se taire. Le meilleur exemple, ce sont ces lettres qui sortent en catimini de prison. Elles sont camouflées dans des chaussures, parfois dans des gâteaux. En quelques phrases, les détenus racontent l’enfer de leur quotidien. Certains s’en prennent même directement au guide suprême, l’ayatollah Khamenei.

Tabarzadi, lui, va plus loin en osant la vidéo clandestine. Dans son film, il dénonce les lourdes peines de prison, la brutalité de ses bourreaux… Il sait qu’il risque gros, mais il part du principe qu’il n’a plus rien à perdre. Devant la caméra, il dit : « Nous sommes prêts à payer un prix très élevé, nous connaissons nos droits, et nous irons jusqu’au bout de nos demandes ».

- Tout cela au moment où le régime sévit de plus en plus contre la cyber-dissidence

__

Oui, et ce n’est pas anodin car ces différents brulots contre le régime circulent bien évidemment sur l’Internet. Du coup, le pouvoir de Téhéran resserre les vis. Les sites de la dissidence sont filtrés quand ils ne sont pas carrément hackés. Téhéran envisage même de placer des caméras de vidéosurveillance dans les cafés Internet.

On peut également citer le cas de cette jeune bloggeuse, Parastoo Dokouhi, qui vient d’être arrêtée pour avoir soutenu la dissidence iranienne. En même temps -et c’est la force des nouveaux médias- toutes ces informations continuent à circuler sur Facebook, sur Youtube, sur Twitter... Car les dissidents sont aussi de vrais génis de l’Internet et ils parviennent toujours à contourner les obstacles.

- Cela signifie-t-il que l’opposition iranienne bouge encore ?

Elle est fragilisée, c’est certain. Les principaux leaders réformistes sont assignés à résidence. Il y a aussi ceux qui ont opté pour l’exil. Mais la mobilisation, elle, continue malgré tout, en catimini, derrière les portes des maisons.

Prenez ces mères de jeunes opposants tués en 2009 : elles se réunissent à huis-clos, elles font circuler des pétitions sur l’Internet. Les étudiants, aussi, organisent régulièrement des sit-in dans les universités. Et surtout, le plus grand danger, aujourd’hui, pour le pouvoir, ce sont ces divisions internes au sein clan conservateur.

L’exemple le plus flagrant, c’est celui d’un certain Mohammad Nourizad. Cet homme était un fervent défenseur du régime ; il avait l’habitude de signer des tribunes dans un quotidien pro-régime. Et puis, il a retourné sa veste en 2009, et il a été arrêté. Mais pendant les deux années qu’il vient de passer en prison, il a rédigé jusqu’à 15 lettres contre l’ayatollah Khamenei ! Et ça, c’est du jamais vu en Iran !

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En Iran, un opposant emprisonné vient d’oser l’impossible. Il s’appelle Heshmatollah Tabarzadi et sur une vidéo filmée depuis sa cellule à partir d’un téléphone cellulaire, il se lance dans un plaidoyer foudroyant contre le régime de Téhéran. Son mini-film a aussitôt fait le tour de la blogosphère iranienne. On pensait l’opposition iranienne décimée, mais là, quelle audace !

Oui, c’est un pari audacieux, et surtout très risqué... En 2009, souvenez-vous, les manifestations contre la réélection frauduleuse du président Ahmadinejad ont failli faire vaciller le régime. Alors, depuis, le pouvoir resserre l’étau sur les dissidents. Ils sont surveillés, traqués par la police secrète, leurs articles sont censurés.

Et puis, il y a tous ceux qui ont échoué en prison. Leurs conditions de détention sont terribles : des cellules microscopiques, des interrogatoires qui durent des heures et des heures. Souvent, ils n’ont aucun droit de visite, ni de leurs avocats, ni de leurs familles.

Et pourtant, ils refusent de se taire. Le meilleur exemple, ce sont ces lettres qui sortent en catimini de prison. Elles sont camouflées dans des chaussures, parfois dans des gâteaux. En quelques phrases, les détenus racontent l’enfer de leur quotidien. Certains s’en prennent même directement au guide suprême, l’ayatollah Khamenei.

Tabarzadi, lui, va plus loin en osant la vidéo clandestine. Dans son film, il dénonce tout en bloc : les lourdes peines de prison, la brutalité de ses bourreaux… Il sait qu’il risque gros, mais il part du principe qu’il n’a plus rien à perdre. Devant la caméra, il dit : « Nous sommes prêts à payer un prix très élevé, nous connaissons nos droits, et nous irons jusqu’au bout de nos demandes ».

- Tout cela au moment où le régime sévit de plus en plus contre la cyber-dissidence

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Oui, et ce n’est pas anodin car ces différents brulots contre le régime circulent bien évidemment sur l’Internet. Du coup, le pouvoir de Téhéran resserre les vis. Les sites de la dissidence sont filtrés quand ils ne sont pas carrément hackés. Téhéran envisage même de placer des caméras de vidéosurveillance dans les cafés Internet.

On peut également citer le cas de cette jeune bloggeuse, Parastoo Dokouhi, qui vient d’être arrêtée pour avoir soutenu la dissidence iranienne. En même temps -et c’est la force des nouveaux médias- toutes ces informations continuent à circuler sur Facebook, sur Youtube, sur Twitter... Car les dissidents sont aussi de vrais génis de l’Internet et ils parviennent toujours à contourner les obstacles.

- Et donc, l’opposition iranienne n’est pas aussi morte qu’on le pense

Elle est fragilisée, c’est certain. Les principaux leaders réformistes sont assignés à résidence. Il y a aussi ceux qui ont opté pour l’exil. Mais la mobilisation, elle, continue malgré tout, en catimini, derrière les portes des maisons.

Prenez ces mères de jeunes opposants tués en 2009 : elles se réunissent à huis-clos, elles font circuler des pétitions sur l’Internet. Les étudiants, aussi, organisent régulièrement des sit-in dans les universités. Et surtout, le plus grand danger, aujourd’hui, pour le pouvoir, ce sont ces divisions internes au sein clan conservateur.

L’exemple le plus flagrant, c’est celui d’un certain Mohammad Nourizad. Cet homme était un fervent défenseur du régime ; il avait l’habitude de signer des tribunes dans un quotidien pro-régime. Et puis, il a retourné sa veste en 2009, et il a été arrêté. Mais pendant les deux années qu’il vient de passer en prison, il a rédigé jusqu’à 15 lettres contre l’ayatollah Khamenei ! Et ça, c’est du jamais vu.

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