Chez nos voisins belges, depuis dix jours, on ne parle que d'une bien gênante affaire de fraude aux examens, qui frappe tout le réseau des écoles secondaires francophones. Une histoire rocambolesque, où l'informatique paraît voler au secours des cancres...

Tous les ans, c'est le même rituel, les bacheliers cherchent leur nom sur les panneaux du lycée
Tous les ans, c'est le même rituel, les bacheliers cherchent leur nom sur les panneaux du lycée © maxppp

Le point de départ de l'affaire, c'est l'apparition sur les réseaux sociaux des questions de plusieurs examens du certificat d'études. Précision : ces examens n'avaient pas encore eu lieu.

L'enchaînement viral ne se fait pas attendre : les écoliers, destinataires de ces tuyaux inespérés, ne perdent pas un instant pour en informer leurs amis, qui font de même, et ainsi de suite.

Les vents favorables s'étendent ensuite à l'équivalent du baccalauréat ; pris de court, le ministère de l'Éducation annule des examens, en maintient d'autres, prévoit parfois des épreuves de remplacement, à d'autres moments annonce que l'examen incriminé sera remplacé par le calcul de la moyenne de l'élève au cours des deux années précédentes.

Hurlements des parents, qui soulignent à juste titre le cas d'élèves redoublant, dont la moyenne est forcément entraînée vers le bas par leurs résultats de la pénultième année.

Carole Piret, qui habite Liège, est mère d'un garçon de 14 ans ; déçue et indignée par la valse-hésitation du ministère, elle a écrit au ministre :

18 sec

Le cinq sept 2013 - SON CAROLE PIRET AILLEURS - Belgique - Fraude aux examens

Ce matin, Mme Piret attend toujours une réponse du ministre, Joëlle Milquet, laquelle n'a pas donné suite non plus à notre demande d'entretien.

D'embrouillée, la situation est devenue chaotique, dès lors qu'il s'est agi de déterminer la ou les sources des fuites. Le ministère a déposé plainte contre X auprès du Procureur du Roi à Bruxelles. Et, sans concertation, nombre d'écoles ont pris sur elles d'exclure définitivement des adolescents de 13 ans qui ne percevaient évidemment pas toute la gravité de la fraude.

On a commencé par mettre en cause le système de transmission des épreuves du ministère vers les écoles, trop peu protégé, selon certains spécialistes de l'informatique.

Mais rapidement, une autre hypothèse est apparue. En effet, les examens des classes secondaires, qui étaient depuis toujours organisées en interne par les établissements scolaires, sont depuis peu l'affaire exclusive du ministère . Et nombreux sont les enseignants à estimer que celui-ci ne leur fait pas confiance pour évaluer les compétences de leurs élèves ; et bien plus nombreux sont les parents qui s'étonnent du niveau particulièrement bas des épreuves issues du ministère, supposé plus attaché à afficher un taux de réussite sans cesse en progression qu'à assurer l'apprentissage et la maîtrise durable des matières.

Alors, de là à saboter les examens, il n'y a qu'un pas, que beaucoup ici franchissent sans hésitation.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.