Nous ne reconnaissons pas ce gouvernement. Ou Temer tombe ou nous restons ici, il n’y a aucune négociation. Nous savons que ce monsieur est un usurpateur fasciste, donc pourquoi il est au pouvoir, il n’a aucun droit d’y rester !

Nous sommes dans le Ministère de la Culture de Rio de Janeiro qui est occupé depuis une semaine et vous venez d’entendre Paulo Teliz, un acteur et danseur qui fait partie de ce mouvement. Ces artistes refusent de reconnaître le Président par intérim Michel Témer après la destitution de Dilma Roussef. Même s’il a promis la recréation du Ministère de la Culture, sa suppression la semaine dernière a été un signal terrible pour les artistes du pays qui continuent les occupations aux cris de « Dégage Temer » sur l’air de l’Opera Carmina Burana. Un reportage à Rio d’Anne Vigna

Dans la cour du ministère les concerts se succèdent. Aux étages, les artistes peaufinent un discours politique et répètent à tous les médias que leur lutte est contre un gouvernement illégitime et pour la démocratie. Ce sont les mots de Dana une actrice qui campe au deuxième étage du ministère.

Je crois qu’il y a plusieurs personnes ici qui ne sont pas d’accord avec le gouvernement de Dilma Rousseff mais nous sommes tous unis ici pour faire tomber le gouvernement Temer. Parce que son gouvernement n’est pas légitime, il n’a aucun fondement judiciaire pour quitter Dilma du pouvoir. Elle n’a commis aucun crime, nous vivons un état d’exception, c’est un coup d’Etat. Et le gouvernement actuel de Michel Temer va quitter les droits des minorités, des femmes, des noirs, des indiens et tous les droits sociaux qu’on a conquis ces 13 dernières années

L’annonce d’un gouvernement sans femme ni noirs mais aussi sans les ministères de la culture, des droits de l’homme et de l’égalité raciale a détonné une lutte qui promet de durer comme le pense la documentariste Tatiana Devos

En réalité avec l’entrée du gouvernement Temer, on ne pouvait pas rester les bras croisés. Parce que ce sont vos droits, mon vote, le vote de 54 millions de personnes. Ils doivent respecter le vote, c’est un attentat contre la démocratie qu’ils sont en train de faire ici. Et on ne sait pas vraiment ce qui va se passer et c’est un peu terrifiant

Aujourd’hui en effet l’inquiétude se lit sur les visages de ceux qui veulent continuer à occuper des bâtiments culturels et chez les étudiants qui occupent aussi des écoles publiques un peu partout dans le pays. Depuis vendredi la police est déjà entrée en conflit avec les étudiants pour forcer les désoccupations et les artistes s’attendent à être les prochains sur la liste.

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