Un reportage d'Angélique Kourounis, à Athènes, en Grèce

Manifestation en Grèce
Manifestation en Grèce © Farfahinne

"Un sous terre, mille en guerre" : c’est le slogan que les manifestants scandaient à Athènes la semaine dernière, faisant référence au syndicaliste mort jeudi, au cours d’une manifestation qui a réuni plus de 200.000 personnes.

Le monde entier a les yeux rivés sur la réunion des grands argentiers à Bruxelles, qui doivent déterminer les modalités du sauvetage de la Grèce afin d’éviter une contagion de la zone euro. Si les Grecs ont accepté le premier plan d'austérité, toléré le second, ils rejettent en bloc le troisième. Certains se sont même mis à occuper les bâtiments publics, comme le ministère des Finances, assiégé pendant 12 jours.

Le bureau du ministre des Finance est situé au sixième étage d'un immeuble qui fait face au Parlement. Aujourd'hui, c'est Christos Maguiéris, gréviste et président de la fédération des employés du ministère, qui fait la visite.

Christos Maguiéris : "C'est fermé, depuis déjà deux jours, et nous ne savons pas quand il va rouvrir "

Les grévistes dorment dans les canapés du couloir, ou dans les fauteuils du bureau, mais tout est propre. Les agents de sécurité veillent, il n'y a pas de vandalisme. L'ambiance est même bon enfant. Ici, c'est les fonctionnaires du ministère qui occupent les locaux. Parmi eux, Miranda, la quarantaine, Elle garde le second étage et elle est déterminée.

Miranda : " S’il y avait une réelle transparence et si on voyait que le poids des efforts était équitablement reparti, nous aussi on participerait de toutes nos forces au redressement du pays. Mais il faut des mesures justes. On veut voir de la justice dans les mesures prises.

Or, ce que nous voyons, c’est qu’au moment où nous souffrons, il y a toute une partie de la population avec de très hauts revenus qui continue à spéculer sans vergogne. Et ça, il faut que ça cesse ! "

Son amie, Mariana, fonctionnaire de haut niveau, va beauoup plus loin.

Mariana : "Les armateurs ne sont pratiquement pas soumis à l’impôt. Pourquoi, à votre avis ? Parce que s’ils sont imposés, ils partent à l’étranger. C’est donc un problème qui dépasse nos frontières. On peut demander une plus grande justice à la Grèce, mais pas seulement ! Le reste du monde aussi doit s’impliquer. La justice grecque ne peut pas changer toute seule, et toute l’Europe est donc concernée ! "

Les grèvistes sont déterminés à occuper les locaux. Les forces de l'ordre, elles, surveillent de loin le bâtiment. Pour l'instant, elles laissent faire. Jusqu'à quand ? C'est toute la question.

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