Un reportage de Patrice Gouy, correspondant de Radio France Internationale à Mexico, au Mexique

Une jeune Mexicaine :

Ce jeu de balle est très sympa et c’est bon de voir que dans notre village on conserve ces traditions. Tout le monde participe en soutenant une équipe ou l’autre. Le jeu se joue a 5 contre 5 et consiste à mettre des buts à l’équipe adverse.

Joueurs de Ulama l'1 des 3 jeux de balle encore existant au Mexique
Joueurs de Ulama l'1 des 3 jeux de balle encore existant au Mexique © Patrice Gouy

Le jeu de balles qu’évoque cette jeune femme est pratiqué certains dimanches surle Zocalo, la place de la Constitution de la capitale mexicaine.

Un jeu de balles tel que les Aztèques le pratiquaient il y a des siècles et dont la tradition est depuis perpétuée.

C’est un jeu de balle très ancien qui était déjà pratiqué du nord au sud du Mexique il y a plus de 3500 ans, par toutes les civilisations mésoaméricaines.Pour les Aztèques, la balle en caoutchouc était appelée « ollin » ce qui voulait dire « mouvement ».

Les règles du jeu que nous rappelle l’archéologue Gregory Pereira , n’ont pas véritablement changées :

Le jeu de balle qui était pratiqué ici était le plus pratiqué chez les méso-américains. Il avait pour particularité de se pratiquer avec une grande balle en caoutchouc, qui rebondissait mais qui est relativement dure et non vide ou gonflée d’air comme un ballon de football. Mais elle était pleine. Les joueurs devaient frapper cette balle avec les hanches, les cuisses et les bras. On peut remarquer au milieu de deux grands murs, deux anneaux de pierre qui se font face, constituaient les marqueurs, les buts, en quelque sorte, du jeu. Donc les joueurs devaient faire passer cette balle dans l’anneau, et une fois que la balle avait frappé le mur où se trouvait l’anneau, elle retombait sur la banquette, qui permettait au joueur qui était au contrebas, dans l’allée, de récupérer la balle.

Cette balle en caoutchouc qui rebondissait diaboliquement, a fortement impressionné les premiers Européens habitués aux balle de son. Laura Filloy, du Musée National d’Anthropologie et d’Histoire de Mexico :

La première balle de caoutchouc a été ramenée en Europe par Christophe Colomb. Quelques années plus tard, le conquistador Cortez, impressionné par le jeu de balle aztèque, ramène en Espagne des joueurs qui font une démonstration publique. Les spectateurs furent si surpris par le rebond si singulier de la balle américaine, qu’ils avaient du mal à suivre des yeux.

A 400 km au Nord-Ouest de Mexico, dans le village de Tirindaro, ce jeu de balle se joue de nuit avec une balle trempé dans du pétrole à laquelle on met le feu. Une sorte de hockey impressionnant, qui n’est pas sans risques. Rafael, capitaine de l’équipe de Tirindaro:

C’est un jeu qui demande une grande précision, surtout avec les balles en feu. Il faut faire très attention parce que si on la reçoit en pleine figure et bien non seulement ça fait très mal, mais en plus ca brule. C’est une balle qui pèse autour de 400 grammes et quand elle vous arrive dessus à pleine vitesse, ça fait une grosse bosse. On peut même se fracturer le nez, ou même un bras, mais c’est quand même super ! Simplement, il faut faire attention.

Dès qu’il est ramené en Europe, vers 1530, ce jeu de balle fait fureur à Florence et dans toute l’Italie. Les équipes passent progressivement de 5 à 11 joueurs. Pour certains historiens, c’est peut-être là que c’est inventé le football.

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