On ferme. On n'est pas religieux, mais nous sommes croyants.

Yom Kippour c'est quelque chose d'important. Et ce jour là, c'est comme si tu étais libre dans ton cœur, comme purifié

Celui que vous venez d'entendre c'est Moti, qui ferme son magasin de glaces dans le centre de Tel Aviv. Yom Kippour, la fête du grand pardon, c'est la fête la plus importante du judaïsme.

Pendant 25 heures, Israël baisse le rideau. TOUT est fermé – y compris les frontières du pays- seuls fonctionne les services d'urgence... Et l'armée – dispensée de célébration pour défendre le pays en cas d'attaque, un héritage de la guerre de Kippour de 1973 qui avait pris le pays par surprise...

Même à Tel Aviv, l'agitation habituelle va se transformer en une atmosphère étrange de recueillement. Du début de Kippour jusqu'à sa fin.(Le reportage de notre correspondante sur place, Marie Semelin.)

Avec son tout jeune bébé, David s'apprête à quitter Tel Aviv pour célébrer Kippour en famille. Kippour va commencer à la tombée de la nuit, avec ses règles, que chacun adopte plus ou moins : ne pas se laver, ne pas se maquiller, pas de relations conjugales, et bien sûr, le jeun. Pour david c'est le plus important :

On fait les derniers préparatifs avant de rentrer dans le jeun – du coup depuis ce matin pas de café pour pas avoir mal à la tête demain, pas de choses trop sucrées ou trop salées... Le but en fait c'est de réfléchir à tout ce qu'on a fait de bien et de pas bien, de faire un peu le bilan de cette année. Il faut que nous on se fasse pardonner avant meme que dieu puisse nous pardonner nos péchés.

Alors avant de ranger tous les appareils électroniques, les Israéliens se servent donc de leur téléphone :

Les gens en fait s'envoient des sms des whatsapp, etc., voilà jsuis désolé si je t'ai blessé durant cette année, je demande pardon...

Mais à Tel Aviv, où les laïcs sont plus nombreux que les religieux, Kippour c'est aussi un moment pour couper : les gens se retrouvent, même ceux comme Shuna – elle n'a pas forcément la foi mais elle célèbre kippour avec un groupe d'amis – certains suivent les règles religieuses, d'autres pas : ce que Shuna apprécie, c'est se retrouver et retrouver les autres :

Yom Kippour à Tel Aviv, quand vous regardez la rue et qu'il n'y a pas, même pas une voiture qui circule, c'est un peu un sentiment d'apocalypse, c'est très calme. Tu peux voir toutes les familles ensemble, pas d'iphone, pas de télé... c'est vraiment se réunir !

Quand kippour est là, ne reste dans les rues que le ronron des climatiseurs et des roues de vélo –

Pour les touristes ça peut surprendre , comme Nicholas tout juste débarqué de Zurich :

Les gens de la compagnie aérienne nous l'ont dit quand on a embarqué dans l'avion, et il nous ont simplement dit que tous les magasins seraient fermés... C'est sympa, c'est totalement vide, donc c'est un peu surprenant... et il n'y a que les touristes... et les chats peut être.. !

Le soir venu, après les prières, c'est la fin des célébrations ; et aussitôt Tel Aviv retourne à son agitation, jusqu'à l'année prochaine.

kippour tel aviv
kippour tel aviv © Radio France / Marie Semelin
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