Reportage de Delphine Sureau, à Shenzhenen Chine

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smartphone © CC MIKI Yoshihito

Roland Sladek : « L’objectif de Huawei est clairement de devenir leader sur le marché des smartphones au niveau mondial et les trois modèles qu’on a lancés récemment sont un bon début pour atteindre cet objectif »

Roland Sladek est le porte-parole de Huawei, un fabricant chinoisde smartphones qui ne cache plus ses ambitions.

Ce mois-ci, la Chine s’est hissée au premier rang mondial du marché des téléphones intelligents. La Chine est aussi le seul pays où la suprématie des géants Apple et Samsung est ouvertement contestée par des fabricants locaux.

Car les smartphones chinois coûtenten général moitié moins cher qu'un I-phone et rivalisent pour certains en qualité et en performance. Quand les Smartphones chinois se préparent à conquérir le monde.

Le centre de recherche de Huawei s’étend sur 2 km² à Shenzhen, dans le Sud de la Chine. Nous sommes au cœur de l’atelier du monde, mais l’ambiance tient plutôt de la Silicon Valley. Des collines vertes, un lac, des bâtiments flambants neufs et des tables de ping-pong dans les couloirs : Huawei s’est construit un campus à l’américaine où travaillent 15.000 ingénieurs chinois. Pendant longtemps, l’entreprise a fabriqué des téléphones sans marque pour le compte d’opérateurs à l’étranger. Aujourd’hui, avec ses propres modèles, Huawei arrive à la 3e place des ventes de smartphones dans le monde, derrière Samsung et Apple. Roland Sladek est le directeur de la communication du groupe.

Roland Sladek : « Huawei est persuadé que les gens cherchent une alternative au duopole de Samsung et de Apple. Tout le monde n’a pas envie de dépenser des centaines et des centaines d’euros pour une marque et non pour la qualité du téléphone. Donc Huawei se positionne clairement sur l’innovation. C’est pour cela que nos téléphones attirent de plus en plus de consommateurs aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis. »

Cette 3e place mondiale, Huawei la doit aussi à ses résultats en Chine où les ventes explosent. On y recense 246 millions de smartphones, quand seuls 20% des Chinois sont équipés. Le sud-coréen Samsung domine encore le marché, mais derrière, quatre constructeurs chinois –Lenovo, Coolpad, ZTE et Huawei– ont terrassé l’I-phone qui n’arrive qu’en 6e position.

Tous ces téléphones sont en fait fabriqués dans les mêmes usines, ici à Shenzhen et les ouvriers qui y travaillent ont fait leur choix : ils achètent chinois.

Un ouvrier chinois : « Mon téléphone, c’est un Coolpad. Je ne l’ai payé que 20 euros et j’en suis content. Je n’ai pas un gros salaire : si je veux acheter un I-phone, c’est 2 ou 3 mois de salaire. Juste pour un téléphone ! Et si je le perds, je fais quoi ? »

Et si en Chine, Samsung résiste encore à la concurrence locale, cela ne pas va durer, selon ce vendeur.

Un vendeur : « Le rapport qualité/prix des smartphones chinois est excellent. Pour 240 euros, vous pouvez en acheter un avec un processeur quatre cœurs. Vous auriez payé au moins 360 euros pour un Samsung de la même puissance. Les produits chinois offrent aujourd’hui tout ce que les grandes marques proposent.».

Mais pour réussir à s’exporter, les marques chinoises doivent encore changer leur image de mauvaise qualité. L’an dernier, Huawei avait un budget communication de plus de 150 millions d’euros. Roland Sladek le répète : nous possédons 17.000 brevets et nous sommes montés en gamme.

Roland Sladek : « Le made in China suit un parcours équivalent au made en Corée du sud, au made au Japon. Il y a des leaders en technologie et innovation qui proviennent de la Chine aujourd’hui. Dans cinq ans, le Made in China aura une réputation totalement différente de celle d’aujourd’hui. »

En attendant, les fabricants chinois de smartphones sillonnent le monde pour présenter leurs nouveautés. Et ils seront là pour le Congrès mondial du mobile, qui s’ouvre aujourd’hui à Barcelone, en Espagne.

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