Bien sûr, j’ai déjà voté Evo…! On avait confiance en lui, mais plus maintenant… Maintenant, on a la rage.

Le président bolivien Evo Morales, pendant une conférence au palais présidentiel à La Paz, Bolivie, 22 février 2016.
Le président bolivien Evo Morales, pendant une conférence au palais présidentiel à La Paz, Bolivie, 22 février 2016. © REUTERS/David Mercado

Nous sommes à La Paz, capitale de la Bolivie, et vous venez d’entendre Eduardo, un partisan déçu du président Evo Morales. En effet, c’est finalement le "non" qui a gagné en Bolivie, non à la possibilité pour Evo Morales de se présenter à un quatrième mandat. Les résultats définitifs sont tombés hier, après deux jours de tension, et les Boliviens savent maintenant que leur président emblématique, qu’ils ont élu pour la première fois il y a dix ans, quittera le pouvoir en 2020. Frédéric Faux a rencontré des Boliviens pour tenter de savoir pourquoi cet élu populaire, invaincu dans les urnes depuis dix ans, a été congédié par son peuple.

Evo assassin, Evo voleur, les partisans du "non" à la reconduction d’Evo Morales ont eu des mots très durs envers leur Président. Si son action a permis de réduire la pauvreté, elle a aussi été entachée de divers scandales. Le plus récent impliquant même une ancienne petite amie qui a engrangé des millions de contrat avec le gouvernement. Pour Eduardo, c’était le scandale de trop.

Il y a tant de corruption dans ce gouvernement, et la manipulation de la justice, et l’apparition de nouveau riches au sein du pouvoir…

Pour le politologue Ludwig Valverde, Evo Morales a aussi commis un péché d’orgueil…

Il a perdu cette connexion avec la société civile dans son ensemble. Il n’a pas compris que l’alternance était nécessaire, qu’il fallait une pause, une parenthèse dans son projet politique

Aujourd’hui, les Boliviens savent qu’ils ont quatre ans pour trouver un successeur à Evo Morales. Un délai dont comptent profiter, aussi, ceux qui ont voté "oui". David est membre d’un comité de quartier affilié au MAS, le parti au pouvoir…

On a quatre ans à partir d’aujourd’hui. Je crois que nous allons avoir un nouveau leader qui suivra le même modèle économique, et nous allons l’appuyer.

Les prochaines élections présidentielles en Bolivie, sans Evo Morales, se dérouleront à la fin de 2019.

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