C’est un peu frustrant, parce que du coup on se retrouve sans activité. Le but, c’était pas de venir un an en vacances à Montréal. Parce que là, ça fait des vacances un peu longues, et un peu chères… __

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Nous sommes au Québec et vous venez d'entendre le Docteur Gilles Carruel. Ce Français fait partie des quelques centaines de médecins français prêts à changer de pays. En théorie, une entente conclue entre l’ordre français des médecins et son équivalent québécois permet depuis 2009 aux praticiens de traverser l’Atlantique. Dans les faits, les Français se heurtent à des contraintes plus importantes que leurs confrères québécois qui viennent en France pour exercer leur profession, comme le précise Pascale Guéricolas.

Arrivé en août dernier au Québec, après avoir vendu son cabinet médical et son logement, le Dr Gilles Carruel pensait démarrer le stage d’évaluation et d’adaptation et d’évaluation de 3 mois en hôpital qu’impose le Collège des médecins du Québec. Erreur, il ne sait pas quand ce stage va commencer.

Le scénario, je l’avais imaginé, mais pas, je dirais, le temps du scénario. Voilà, c’est un peu différent. Le scénario, je le connaissais. Le Collège des médecins vous explique tout. Il y a aucun souci. Le manque de transparence, c’est sur ce temps d’attente.

De son côté, l’organisme qui veille à ce que les Québécois disposent de médecins de qualité invoque des moyens limités pour répondre aux besoins de stages des médecins français. Le docteur Charles Bernard, Président du conseil d’administration du Collège des médecins.

On n’est pas 250 000 médecins ici, on est 20 000 médecins, et on 4 facultés de médecine. Alors il faut comprendre qu’on ne peut pas accueillir l’ensemble de l’Europe, et puis donner des stages à tout le monde. Et de plus, on a une autre contrainte, c’est qu’à l’interne, les gens ici se posent des questions sur l’équité, parce qu’eux autres ils n’en trouvent pas non plus d’emplois.

Ce fameux stage vise notamment à expliquer aux médecins français le Ba Ba de l’organisation des soins à l’hôpital. Installé en périphérie de Montréal depuis quelques années, le docteur Jean-François Audibert a vite compris qu’il arrivait dans un système complètement différent.

Au début, je ne comprenais pas, on me disait prends les patients, mais je demandais, combien j’ai de lits, je réfléchissais en nombre de lits et en unités physiques, mais on me dit non, à partir du moment où tu prends le patient à l’urgence et il est à ton nom, il va aller dans un lit à l’hôpital, mais ce n’est plus l’urgentologue qui va s’en occuper. Ça c’est une façon de faire la prise en charge, qui n’existe pas dans les hôpitaux français.

Depuis la mise en place de l’entente professionnelle entre la France et le Québec en 2009, 154 médecins français ont obtenu le droit d’exercer de ce côté-ci de l’Atlantique, tandis que 72 autres sont encore en processus. Un nombre qui peut sembler faible, mais qui correspond aussi au système médical contingenté. Au Québec, c’est le ministère de la santé qui détermine le nombre de médecins en exercice.

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