Reportage de Marie Semelin, correspondante à Tel Aviv

Wa'ad :

Le parc... ils ont volés les maisons, les terres, et voilà c'est un parc national maintenant. Les gens payent, les israéliens et les touristes, les gens payent pour entrer.. chez moi.

A Biram, village du nord d’Israël en ruines aujourd’hui au cœur d’un parc national, depuis plus d'un an, des dizaines de jeunes arabes israéliens se relaient. Ils campent pour réclamer leur retour sur ce territoire dont leurs parents et grands-parents ont été expulsés en 1948 au moment de la première guerre israélo-arabe.

A l’époque, les combattants israéliens avaient promis aux habitants de Biram qu’ils pourraient revenir sur leurs terres après le conflit.

Mais ce retour leur est désormais refusé.

Une fois par semaine Biram ressemblerait presque à un village comme un autre, avec son église, ses mariages et ses enterrements. Mais ses habitants n'ont pas le droit d'y vivre... Nagham a 25 ans, et sa famille est originaire du village.

Nagham :

Ceux qui meurent peuvent être enterrés ici. Ça ce n’est pas contre la loi apparemment... mais vivre ici ça l'est. C'est ça qu'on a voulu changer en occupant le village. On peut encore voir les pierres, les maisons, mais il n'y a plus de toit parce que Biram a été bombardé par les airs. Et justement là... en bas.. C’était la maison de mes grands-parents. Aussi beau que ça puisse paraître, avec toute cette nature, tous ces arbres, je pense que ça serait beaucoup plus joli s'il y avait des gens.

Biram
Biram © Marie Semelin

Les descendants de Biram ont pris exemple sur ceux de Iqrit, un autre village arabe situé à quelques kilomètres de là, où la jeune génération campe depuis maintenant 2 ans. A Biram comme à Iqrit les habitants en ont appelés à la justice israélienne : mais sans résultat. Waad a 23 ans, et elle ne veut pas attendre.

Wa'ad :

On ne croit plus à la justice israélienne. Parce que c'est très clair que ça n'est pas une justice... C'est une justice pour les juifs israéliens... pas pour les palestiniens.__

Le statut de parc national leur interdit de réhabiliter les maisons, où même d'empêcher les bâtisses de s'effondrer. Alors quand ils essaient de construire, les autorités israéliennes viennent détruire leurs travaux.

Wa'ad :

Ils détruisent on construit, ils détruisent on construit. C'est très dur parfois. Ils veulent nous rendre la vie impossible. Ils ne veulent pas qu'on continue.__

Israël craint en effet d'établir un précédent pour le droit au retour, et de laisser ainsi la porte ouverte aux descendants des quelques 500 villages arabes détruits en 1948.

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