C’est vraiment un sentiment extraordinaire d’aider les gens. Et aussi de faire ça ensemble, avec d’autres hongrois… C’est très rare en Hongrie.

Nous sommes à Budapest et vous venez d’entendre Sara Verga. Lorsque les réfugiés sont arrivés en masse en Hongrie cet été, Sara s’est rendue tous les soirs et tous les week-ends à la gare de Budapest, pour apporter de l’aide humanitaire ou donner des informations en anglais.

Une aide d’autant plus précieuse que l’Etat hongrois et les grandes organisations comme la Croix rouge hongroise ont brillé par leur absence sur le terrain. Grâce aux milliers de bénévoles comme Sara, il n’y a pas eu de crise humanitaire.

Le camp de réfugies de Bicske en Hongrie est situe a environs quarante kilomètre de la capitale hongrois, Budapest.
Le camp de réfugies de Bicske en Hongrie est situe a environs quarante kilomètre de la capitale hongrois, Budapest. © Jerome Fourcade/Wostok Press/Maxppp

Depuis que la Hongrie a verrouillé ses frontières le 16 octobre dernier, le flot des migrants s’est redirigé vers la Croatie et la Slovénie. Mais des bénévoles hongrois continuent à aider les réfugiés. Ils refusent de faire le lien entre migrants et terroristes, contrairement à leur gouvernement depuis les attentats de Paris.

Dans les locaux de l’association « Le refuge », des bénévoles sont en train de trier des vêtements. Erzsébet Donko est coordinatrice.

On va emmener ces vêtements à la frontière entre la Croatie et la Slovénie. On fait plusieurs allers retours par semaine. Hier il y a même 2 camions qui sont partis.

Gabi Sepsy a 60 ans. Pendant tout l’été elle a aidé les réfugiés qui transitaient par Budapest. Et elle continue. Malgré les attentats de Paris, elle refuse de faire l’amalgame entre migrants et terroristes.

On était en train de distribuer des pommes à la gare de l’Est quand j’ai vu un p’tit bout de chou qui crapahutait à 4 pattes. Il est venu vers moi, il s’est accroché à mon pantalon et tout en vacillant, il s’est mis debout, pour la première fois de sa vie ! Je ne suis pas sûre qu’il faille protéger notre pays contre des enfants de 11 mois qui apprennent tout juste à marcher !

Depuis les attentats de Paris, des associations et des bénévoles reçoivent des messages de haine. Marta Pardavi, directrice de l’ONG Helsinki qui défend les droits des réfugiés.

Le vendredi soir, au moment où les attentats se déroulaient à Paris, on a reçu des messages sur les réseaux sociaux. Ces messages disaient : c’est à cause de vous, tout ça ! C’est de votre faute.

Mark Zoltan Kékesi est professeur à Szeged, une ville au sud de la Hongrie. Pendant tout l’été il a organisé l’aide aux familles de réfugiés passant dans sa ville. Aujourd’hui Mark apporte de l’aide humanitaire en Serbie. Il refuse l’amalgame entre migrants et terroristes.

Un journaliste de la radio publique m’a demandé : vous ne pensez pas que des criminels peuvent se cacher parmi les réfugiés ? J’ai répondu : bien sûr ! Et je lui ai dit : d’ailleurs vous-même, vous pourriez être un criminel, qui sait ?

Des milliers de hongrois sont venus en aide aux réfugiés cet été. Aujourd’hui plusieurs dizaines de bénévoles sont encore sur le terrain. Ils veulent montrer un autre visage de la Hongrie.

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