Un reportage de Nicolas Ropert, correspondant de RFI à Kaboul, en Afghanistan

Père Giuseppe Moretti, archevêque d'Afghanistan :

Les fidèles qui viennent à la messe sont exclusivement, seulement des étrangers. L’église, c’est l’église pour la communauté internationale

Eglise à Kaboul, en Afghanistan
Eglise à Kaboul, en Afghanistan © Vincent Gelot / Mille et une foi

Le père Giuseppe Moretti est l’archevêque de l'église d'Afghanistan. Il dirige la seule église reconnue officiellement par les autorités de Kaboul. Tous les jours, il donne la messe au sein de l'ambassade d'Italie, fréquentée uniquement par des étrangers et ce même si un nombre croissant d'Afghans se convertissent, notamment quand ils quittent leur pays.

Début septembre, un parlementaire a réclamé que les Afghans convertis au christianisme soient exécutés. Car dans la République islamique d'Afghanistan, si les minorités religieuses sont officiellement protégées par la Constitution, le changement de religion, lui, est puni.

Installée depuis 1933, la seule église chrétienne d'Afghanistan se remplit chaque dimanche. A sa tête depuis 10 ans, le Père Giuseppe Moretti donne la messe en anglais.

Distribution de bible, incitations à la conversion... régulièrement, des ONG chrétiennes sont accusés de prosélytisme par des responsables afghans. Certaines organisations ont même été interdites du pays. Le père Moretti dénonce fermement ces méthodes :

Je dis à toutes les organisations que nous ne devons pas faire de prosélytisme parce que c’est défendu par la loi. Nous, nous ne sommes pas les propriétaires de l’Afghanistan. Nous sommes invités donc nous devons le respecter.

Vincent Gelot est un jeune Français qui fait le tour du Moyen-Orient et de l'Asie Centrale pour aller à la rencontre des chrétiens d'Orient. Ses recherches l'ont conduit en Afghanistan, où il a pu rencontrer des communautés essentiellement étrangères.

Les Chrétiens en Afghanistan sont principalement des étrangers, même à 99%. La communauté rassemble d’abord des Petites sœurs de Jésus, une très vieille présence, très discrète, faite de prières et de présence auprès de communauté. C’est une présence d’amitié et pas du tout d’évangélisation de la part de ces sœurs qui ont connu l’histoire de ce pays dans ces 50 dernières années. Il y a encore des sœurs de Mère Thérésa, et des expatriés, donc quelques jésuites, répartis en dehors de Kaboul. Donc le fait d’être chrétien n’est pas quelque chose que l’on affiche, il faut être discret.

Il existe cependant des cas d'Afghans chrétiens. En 2006, un homme converti au christianisme avait été emprisonné. Libéré suites aux pressions de la communauté internationale, il a fui en Italie. Pour Vincent Gelot , très peu d'Afghans remettent en cause leur foi d'origine car les sanctions peuvent être très lourdes.

Je pense qu’ici en Afghanistan, l’évangélisation est extrêmement limitée du fait, d’abord, du danger que cela représente, à la fois pour celui qui parlerait de la religion et pour l’Afghan qui l’écouterait. Peu d’Afghans remettent en question leur identité religieuse. L’Islam est présent à 99%. Donc l’évangélisation si elle est, est extrêmement discrète dans le pays.

Le rapport publié dans la presse afghane mettait surtout en avant la conversion des Afghans partis se réfugier en Inde. Selon un reportage de la télévision afghane, une église aurait même été baptisée « église afghane à New Delhi ». Certains députés afghans, on demandé que l'Inde livre ces Afghans convertis au christianisme. Ils ont accusé les Etats-Unis d'être responsables de cette menace contre l'Islam.

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