Reportage de Nicolas Ropert, le correspondant de RFI et France Inter dans les territoires palestiniens, qui revient de Gaza

reconstruction Gaza - maison détruite
reconstruction Gaza - maison détruite © Nicolas Ropert

Samira Heles :

Nous n'avons pas les moyens pour réparer la maison. On a juste assez d'argent pour survivre. Je suis veuve. Mes deux grands fils, ils n'ont pas de travail. Avec quel argent on pourrait payer les réparations ? On espère qu'il y aura des aides versées pour colmater les dégâts qui ont été faits chez nous.

Samira Heles est une mère de famille qui habite dans la bande de Gaza. L'enclave palestinienne a été dévastée après 50 jours de guerre. Pendant ce conflit, 55.000 maisons ont été partiellement ou totalement détruites, près de 400 usines ont été touchées. Les Gazaouis espèrent que la reconstruction sera rapide. Mais impossible tant que le blocus imposé par Israel sur cette bande cotière ne sera pas levée. C'est le reportage de Nicolas Ropert, le correspondant de RFI et France Inter dans les territoires palestiniens, qui revient de Gaza.

C'est dans le quarter dévasté de Chajaya, situé à l'Est de Gaza que Samira Heles et les 11 membres de sa famille, ont réinvesti leur maison. Des débris jonchent le sol.

Samira :

Vous voyez là, il y a un trou causé par un obus. Pour le fermer, on a mis un coussin pour éviter que l'on puisse nous voir depuis la rue. Et là, on a mis un drap pour remplacer la fenêtre détruite. Tout ça c'est à cause des bombardements. On a caché comme on a pu. (pause) Quand je vois ma maison, je suis très déprimée. Qu'est-ce qu'on peut faire nous ? C'est ça la réalité des palestiniens, c'est ça notre vie.__

Il y a au minimum 5 milliards de dollars de dégâts, assure le gouvernement palestinien qui sera chargé de cette reconstruction. Un comité pour Gaza a été mis en place. Rien ne sera possible tant que le blocus israélien sur l'enclave palestinienne ne sera pas levé, assure Nabil Abu Muaileq qui préside l'union des entrepreneurs de la construction à Gaza.

Nabil Abu Muaileq :

Il nous faudra plus de 5 millions de tonnes de ciment. Cette quantité énorme rend nécessaire l'ouverture des frontières à chaque instant afin que nous puissions recevoir ces matériaux. Si c'était le cas, il nous faudrait quand même environ 3 ans pour reconstruire ce que les israéliens ont détruits uniquement pendant cette guerre de 2014. __

Certains cependant ont déjà commencé à investir pour remettre sur pied leur maison. C'est le cas de Mostafa qui refuse de donner son nom. Avec son cousin, ils ont dépensé environ 40.000 euros dans le chantier de leur villa alors même que le cessez-le-feu n'avait pas encore été annoncé.

reconstruction Gaza - maison en travaux
reconstruction Gaza - maison en travaux © Nicolas Ropert

Mostafa : __

On a été trouvé ces ouvriers pour travailler ici. On les paie pour réparer la maison. On ne peut pas se permettre d'attendre d'éventuels remboursements du gouvernement. Sinon, on ne se réinstallera quand chez nous ? Dans plusieurs années au mieux... __

58 hôpitaux et cliniques ont été endommagés pendant l'opération israélienne. La seule centrale électrique a elle aussi été frappée fragilisant encore un peu plus l'enclave palestinienne. Sami Jalal Al Abadlah, l'un des ingénieurs de la centrale.

Sami Jalal Al Abadlah :

Nous faisons notre maximum afin de mettre en place une solution temporaire avec les ressources dont nous disposons. On espère restaurer entre 60 et 75% de la production électrique. Mais on avait déjà des pénuries d'électricité avant la guerre. Et quand les israéliens ont frappé la centrale, ils savaient que c'était notre seule source d'électricité, notamment pour la ville de Gaza.__

Une réunion des donateurs pour reconstruire Gaza a été décidé. Elle devrait avoir lieu le 12 octobre prochain au Caire en Egypte.

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