Un reportage de Carrie Nooten

Antoine de Clermont-Tonnerre __ : « L’idée de venir à Singapour créer un évènement est une façon d’accroître notre part de marché sur cette partie du monde où il y a le plus fort taux de croissance et sur laquelle nous devons prendre notre petite part»

The Artist
The Artist © Radio France

Antoine de Clermont-Tonnerre est le PDG d’UniFrance, l’organisme chargé de la promotion du cinéma français dans le monde, qui vient de lancer un festival du film français pour promouvoir les films tricolores en Asie du Sud-Est, le "Rendez Vous with French Cinema". Le cinéma français s'exporte généralement bien et représente 2 à 4% des parts de marchés dans les pays étrangers, mais seulement 1% en Asie du Sud-Est. Réflexions croisées sur le cinéma français et le public asiatique, entre Gilles Paquet-Brenner, le réalisateur d' « Elle s'appelait Sarah » et Helen, une spectatrice singapourienne.

Dans les salles du festival, la majorité du public est encore étranger. Helen, une Singapourienne de 36 ans, en a profité : elle a vu trois films. Selon elle, si ses compatriotes ne sont pas tant attirés que ça, c’est par manque de marketing autour des films tricolores.

Helen : « Ce n’est pas très facile pour les gens de regarder des films français, car la plupart d’entre nous parle anglais. A moins que ce ne soient des films de grosses productions très populaires, comme ‘Taxi’, des films pour lesquels on fait beaucoup de pub et surtout, pour lesquels il y a des sous-titres ! »

Pour Gilles Paquet-Brenner, le réalisateur d’ « Elle s’appelait Sarah », l’essentiel est de mettre le pied dans la porte.

Gilles Paquet-Brenner : « Ce qui est important, je pense, dans un monde où aujourd’hui c’est quand même très facile de voir des films, ne serait-ce que par internet etc, c’est que tout soit accessible, il faut au moins qu’on soit présents. Et après, ce genre de manifestation permet de leur montrer autre chose et ils se rendent compte qu’il n’y a pas que le cinéma américain, il y a aussi le cinéma coréen, chinois de Hong-Kong, mais il n’y a pas que ça, il y a autre chose.

  • Et le cinéma français, ils le voyaient comment jusqu’ici ?

  • Aujourd’hui, oui c’est Delon, Deneuve, Depardieu, je pense qu’ils sont dans ce cinéma-là »

Helen : « C’est sûr, il y a pas mal de gens qui regardent des films américains, ça dépend surtout de leur âge : les adolescents aimeront les XMen, Ironman, les Transformers etc… Mais si vous recherchez quelque chose de qualité, qui vous fait poser des questions, je ne pense pas que vous trouverez ça dans la plupart des films américains. Il faut plutôt se tourner vers des films japonais, coréens, français, ou du Moyen-Orient. Cela commence à marcher et j’espère que les gens seront de plus en plus demandeurs de films français »

Une seule solution pour Gilles Paquet-Brenner : multiplier les grosses productions françaises pour exporter des clichés français, certes, mais tout en subtilité.

Gilles Paquet-Brenner : « Il faut des locomotives à un moment. Je pense qu’ « Amélie Poulain » en avait été une il y a une dizaine d’années, et ce serait bien qu’il y ait un nouveau film comme ça qui voyage beaucoup, parce qu’un organisme comme Unifrance a besoin de s’appuyer sur des locomotives. Alors forcément, c’est un travail de fond, de longue haleine, ça ne va pas se faire en un jour mais je pense que ça en vaut la peine »

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