Par Nicolas Ropert.

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Kamila est originaire de la province de Ghazni, dans le centre de l'Afghanistan. Elle s'est enfuie de chez sa belle-famille il y a 3 semaines et ne regrette pas cette décision.

Quand j'ai eu 14 ans, mon père m'a annoncé qu'il allait me marier avec cet homme que je ne connaissais pas. Mais je ne voulais pas, je voulais continuer à aller à l'école. Il ne m'a pas écouté et le mariage a été célébré. J'ai beaucoup réfléchi avant de quitter la maison. Mais je n'avais plus le choix. Maintenant, j'aimerai retourner à l'école. Sinon j'aimerai devenir couturière. Mais en tout cas, je ne veux plus revoir mon mari et sa famille. Je suis dans ce foyer et je n'ai pas d'autres possibilités pour vivre avec ma fille.

Comme Kamila, beaucoup d'autres jeunes afghanes sont mariées de force à leur plus jeune âge. 3 femmes sur 4 en Afghanistan affirment avoir été victime de violence. Des cas comme celui-là, Benafsha Amiri en traite plusieurs par semaine. C'est elle qui s'occupe desquestions de droits au sein de l'ONG afghane Women for Afghan Women :

Ces mariages sont illégaux au regard de la loi islamique. Mais il y a beaucoup de cas compliqués. Quand les femmes veulent divorcer, les maris ne sont pas contents. Même les tribunaux posent problèmes: parfois les jugent ne veulent pas prononcer les divorces. Ils disent simplement aux femmes : vous devez retournez auprès de votre mari .

Depuis le début d'année, l'organisation a réussi à obtenir le divorce d'une dizaine de femmes mariées de force. Farkhunda Saamy aimerait simplement que la loi afghane soit respectée. La directrice de l'ONG rappelle que les mariages sont interdits avant l'âge de 16 ans en Afghanistan.

La législation existe mais elle n'est pas suivie. La principale raison, c'est d'abord la méconnaissance des lois actuelles. Mais aussi, comme les gens savent que personne ne viendra vérifier ce qu'ils font, que le gouvernement ne viendra pas leur demander des comptes sur ses actes répréhensibles, ça leur laisse les mains libres pour décider de faire ce qu'ils veulent, même si c'est contraire à la loi.

Avec le retrait des troupes étrangères, Farkhunda constate que l'aide civile diminue. Elle craint qu'avec ce départ, l'Afghanistan soit oublié. Les femmes seraient les premières victimes. Ces dernières semaines, plusieurs voix se sont fait entendre pour alerter du retour en arrière que pourraient subir celles qui représentent la moitié de la population afghane.

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