Un reportage d'Eric Samson, à Quito, en Equateur

Julio Tobar :«Je suis là pour voir les derniers avions. J’ai une collection de 60 photos de tous les avions qui se sont posés depuis une semaine dont celui de l’émir du Qatar. Un avion superbe !»

Avion Emir Qatar, aéroport de Quito, Equateur
Avion Emir Qatar, aéroport de Quito, Equateur © Eric Samson

Comme des centaines de personnes, Julio Tobar s’est posté près de la piste du vieil aéroport de Quito juste avant sa fermeture définitive, mardi dernier, à 19 heures, pour faire le plein de souvenirs et de photos.

Inauguré en 1960 alors que Quito n’était encore qu’une ville de 350.000 habitants, l’aéroport de la capitale équatorienne vient de déménager dans une vallée, à30 kmde là. Un ancien aéroport qui sera pourtant regretté par beaucoup.

Survolant toute la moitié Nord de Quito avant de se poser, les avions ont fait partie de l’histoire de la ville. Certains se servaient du vol de 6h00 comme d’un réveil matin.

Un souvenir pas toujours agréable pour Inès Bétancourt, qui travaille à quelques centaines de mètres de l’ancienne piste.

Inès Bétancourt : « C’est le bruit le plus gênant. Parfois, on ne peut pas discuter sans hausser la voix. Il y a pratiquement 200 atterrissages et décollages chaque jour, mais je n’ai plus peur, je me suis habituée . »

En près de 53 ans de vie utile, les accidents sérieux, pourtant, n’ont pas manqué : 11 en tout, dont trois ayant provoqué des victimes. Au total, 162 personnes ont trouvé la mort sur cet aéroport ou en phase d’approche. Julio Tobar ne l’a pas oublié.

Julio Tobar : « On a vu tomber pas mal d’avions. Celui de Cubana, celui d’Aeca, un militaire sur le volcan, celui de la Gonzalez Suarez qui est tombé sur l’immeuble d’un de mes amis. Sa fille était dans sa chambre et le moteur est rentré dans l’appartement. »

Le nouvel aéroport a coûté 500 millions d’euros. Il est 12 fois plus grand que l’ancien et comporte bien des avantages selon le spécialiste Aldo Echeverría.

Aldo Echeverría : « Le nouvel aéroport est construit400 mètresplus bas que Quito. Il y a plus d’oxygène pour les réacteurs des avions qui peuvent maintenant réaliser des vols beaucoup plus longs, intercontinentaux. La nouvelle piste est aussi beaucoup plus longue que l’ancienne. Sur l’ancien aéroport, les avions ne pouvaient pas remplir leurs réservoirs pour pouvoir s’élever . »

Des vols directs sont aujourd’hui possibles entre Quito et les grandes métropoles du continent comme Mexico, Toronto ou Los Angeles. Il promet d’être un nouveau pôle de développement selon le maire de la ville Augusto Barrera.

Augusto Barrera : « C’est sans aucun doute pour Quito un fait historique qui va marquer la ville pour les décennies à venir. L’aéroport est un bond en avant pour le développement et le dynamisme économique de la ville. Nous avons construit une plateforme logistique, opérationnelle et technologique, un nouveau réseau de transports routiers, la ville du futur ! »

L’ancien aéroport sera bientôt transformé en parc. Il doublera le nombre de mètres carrés d’espaces verts de la ville, où des tours beaucoup plus hautes vont désormais pouvoir être construites. Il recevra la tête de ligne du métro en construction et le futur centre des expositions. L’activité aéronautique ne sera pas tout à fait oubliée : les hélicoptères de la police décolleront toujours de ce qui restera du vieil aéroport.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.