Un questions-réponses réalisé avec Coralie Garandeau, en direct de Los Angeles, en Californie

The Invisible War (documentaire)
The Invisible War (documentaire) © Radio France

Aux Etats-Unis, un documentaire sorti il y a quelques jours en salles fait grand bruit.

« The invisible war », « La guerre invisible », dénonce les milliers de viols perpétrés chaque année au sein de l’armée américaine. Des crimes sexuels dont sont victimes femmes comme les hommes, et qui restent impunis et tabous. Les auteurs de ce documentaire soutiennent le combat d’anciens militaires en procès contre l’armée.

Ce documentaire met au jour l’existence d’une véritable culture de l’agression sexuelle au sein de l’armée américaine. Le réalisateur, Kirby Dick, suit une dizaine jeunes femmes et un homme qui sont interviewés face caméra, très sobrement. La puissance du film vient des chiffres : 3.200 agressions sexuelles rapportées rien que pour l'année 2011 et l’on estime que les victimes pourraient être six fois plus nombreuses, car souvent, elles ont peur de parler. Une femme militaire envoyée en Irak ou en Afghanistan a bien plus de risques d'être violée par un autre soldat que d'être blessée ou tuée dans des combats.

- Dans ce documentaire, l’armée américaine est accusée d’étouffer ces affaires

Intimidation ou attaque, c’est la réaction de l’armée face aux plaintes. Souvent, la personne à laquelle une victime devrait signaler son agression est celle-là même qui l’a violée, ou un proche du violeur. Les femmes violées par des hommes mariés sont souvent attaquées en retour pour adultère et leurs agresseurs restent impunis.

Les victimes souffrent de troubles psychologiques importants. L’une d’entre elles, dont l’interview sert de fil rouge dans le film, est Kori, une ancienne garde côte violée par un commandant qui lui a en plus cassé la mâchoire. Quand elle s’est plainte, on l’a accusée de calomnie. Elle a malgré tout saisi la justice militaire et son agresseur s’en est tiré avec une simple suspension de trente jours.

- Et donc,ce documentaire fait des vagues jusqu’au sommet de la hiérarchie militaire

La Guerre invisible a été récompensée du Prix du public au festival de Sundance en janvier dernier. Il a beaucoup été montré en projection privée, grâce au réseau de contacts impressionnant des producteurs ; jusqu’à Léon Panetta, le ministre de la Défense américain, qui a aussitôt annoncé des mesures pour que les crimes sexuels puissent être signalés plus haut dans la hiérarchie militaire, et non pas à l’officier juste au-dessus du plaintif.

Pour les victimes qui s’expriment dans le documentaire et qui ont toutes dû quitter l’armée c’est, enfin un, signe de reconnaissance.

Les réalisateurs veulent aller plus loin et enlever à l’armée la capacité de juger les crimes sexuels qui ont lieu sur ses bases.

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