Un reportage de Julien Cernobori, au Kazakhstan

Le maestro Jean-Luc Casadesus :

J’ouvre la porte ; nous sommes dans ce lieu immense. Nous allons découvrir cette salle toute de bois, de marbre et de sièges rouges… La scène, où l’orchestre est installé...

Jean-Claude Casadesus et l'Orchestre National de Lille - Région Nord / Pas-de-Calais
Jean-Claude Casadesus et l'Orchestre National de Lille - Région Nord / Pas-de-Calais © DR

Dans l'étincelante salle de concert d'Astana, la capitale du Kazakhstan, le maestro Jean-Claude Casadesus, chef de l'Orchestre National de Lille et ses musiciens ont donné deux concerts dans cette ancienne république soviétique, vaste pays frontalier de la Russie et de la Chine qui reçoit très rarement des orchestres étrangers.

A Almaty, l’ancienne capitale proche de la Chine, puis dans le décor post-soviétique de la ville d’Astana, l’Orchestre National de Lille a joué Weber, Tchaïkovski, Bizet et Stravinski. Un programme en hommage aux relations franco-russes pendant que des entreprises françaises continuent de signer des contrats dans ce pays très courtisé pour ses matières premières. Charbon, or, platine, silicium, zinc et surtout uranium : le sous-sol du Kazakhstan dispose de métaux rares, et regorge de pétrole et de gaz. Pour le maestro Jean-Claude Casadesus, la musique permet d’aller au-delà des simples relations économiques :

Les liens économiques sont fondamentaux pour les richesses que cela peut engendrer, mais je pense que l’une des plus belles richesses humaines qui ne se quantifie pas, c’est celle qui parle aux cœurs, qui parle aux âmes : c’est la richesse culturelle.

Anton, jeune spectateur kazakh, n’a pas perdu une note du concert :

Ce qui me gêne un peu, au Kazakhstan, c’est que la culture d’assister à ce genre de concerts est mal développée.

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Depuis 1991, le Kazakhstan est dirigé par le président Nazarbaïev. Vingt-deux années durant lesquelles le niveau de l’éducation et de la culture s’est dégradé. Les associations dénoncent notamment les persécutions d’opposants et les violations massives des droits de l’Homme. Pour les musiciens de l’orchestre, il n’est donc pas anodin de jouer devant ce public.

Ken est violoniste :

J’ai vu, par exemple, quelqu’un qui était un peu bousculé par un policier juste avant le concert et ça fait une drôle d’impression. J’espère que pour eux, nous serons un bon moment de détente et de fantaisie. C’est très émouvant, oui, dans un sens.

C’est pour faire descendre la musique classique de son piédestal et aller vers les gens que Jean-Claude Casadesus déplace son orchestre partout où il le peut : à l’école, en prison, dans des régions reculées du monde.

C’est une planète magique, la musique. C’est le langage le plus poétique de la vie. Il faut que ce soit un geste, qui passe par les différentes oreilles, les différents cœurs, et qui est un geste formidablement œcuménique, en toutes circonstances.

Les musiciens de l’Orchestre National de Lille auront probablement laissé des traces dans la mémoire de leurs nombreux spectateurs kazakhs qui peuvent espérer d’autres formes de collaboration culturelle à l’avenir, à l’occasion de la saison France-Kazakhstan qui aura lieu jusqu’en 2014.

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