Un reportage de Pascale Guéricolas, au Québec

David Boissonneault, éleveurs de porcs à la ferme La Ronchonnerie :

__ Non, je n’ai pas regardé le poids. 322 livres…

Comme ça on sait le poids d’entrée, on va savoir le poids de sortie.

Porcs
Porcs © MaxPPP

A la ferme de la Ronchonnerie, en plein coeur du Québec, c'est l’heure de la pesée d’une portée de porcelets.

Depuis 7 ans, dans le pays, les éleveurs de porcs se mobilisent pour faire face à la crise qui touche la filière. Une crise qui provient de l’embargo russe, des maladies et du taux élevé du dollar canadien. Pour pouvoir entrer à la Ferme de la Ronchonnerie qui produit 8000 porcs par an, il faut d’abord se laver et changer de vêtements. C’est un des moyens mis en place pour améliorer la santé du troupeau. Désormais, voisins producteurs, transporteurs, fournisseurs de matériel collaborent pour limiter la propagation des maladies jusqu’à l’arrivée à l’abattoir.

Le producteur, David Boissonneault :

S’il y a présence du virus lors d’un déchargement ou sur le quai, tous les producteurs qui ont été livrés, ou tous les transporteurs qui ont livré durant cette période-là vont être avisés de faire attention, de tester leur environnement pour vérifier s’ils ont été contaminés. C’est des choses, qui n’existait pas il y a dix ans. On a un meilleur statut et un meilleur contrôle présentement.

Pour s’ajuster à la montée des coûts de production au milieu des années 2000, les éleveurs de porcs ont donc resserré les règles sanitaires et diversifier l’alimentation de leurs animaux en misant sur certains sous-produits agricoles. Mais surtout, la commercialisation a été entièrement revue. Finies les ventes aux enchères avec un prix fluctuant, place à un prix plancher négocié pour toute l’Amérique du Nord. Désormais acheteurs, abattoirs, producteurs collaborent au sein d’une filiale porcine dont 70% est exportée aux Etats-Unis, en Chine ou au Japon.

Les obligations des acheteurs selon Jean Larose, directeur des Éleveurs de porc du Québec :

Il y a une garantie d’approvisionnement. En échange de cet approvisionnement garanti aux abattoirs, ils payent ce prix de référence garanti. Et il y a une obligation d’abattre aussi. Ça veut dire que si la production augmente, l’acheteur a convenu aussi qu’il abattait toute la production des producteurs ou des abattoirs qui lui était assigné.

À la Ronchonnerie, le président de la Fédération abonde dans le même sens. Il faut être hyper-compétitif comme filière pour se positionner partout sur les marchés. Donc c’est plus la compétition entre nous qui est importante, on est en compétition à travers le monde. Donc, faut être organisé. La restructuration québécoise ne s’est pas faite sans douleur cependant. 15 à 20% des éleveurs ont abandonné la production et le nombre de porcs québécois a baissé d’un million.__

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