Un reportage de Mouhssine Ennaimi, dans la bande Gaza, en Palestine

Ahmad Esmail, manager de Campz Breakers Crew à Gaza: « Nous accueillons tous les jeunes qui veulent apprendre et nous leur permettons de s'exercer ici au break-dance »

Surfeurs à Gaza
Surfeurs à Gaza © proisraeli

Ils ont 20 ans, ne sont ni riches, ni fascinés par l'occident. Et pourtant, ces jeunes de Gaza pratiquent des sports et des disciplines qu’on imagine mal dans ce territoire palestinien associé à la guerre, à la misère et à l'occupation. Ils sont par exemple surfeurs ou break-danseurs.

Comment ces jeunes de la bade de Gaza trouvent-ils une échappatoire au blocus israélien et au Hamas au pouvoir ?

La plage au sud de la ville de Gaza est bondée. Parmi les Palestiniens dans l'eau, quelques surfeurs glissent sur les vagues. Ils sont une poignée pratiquer régulièrement ce sport sur les 50 kilomètres de côtes compte la Bande de Gaza. Une activité atypique dans une région marquée par la guerre, l'impasse politique et le blocus israélien.

Un surfeur:«Quand je monte sur les vagues, j'oublie la politique, j'oublie tout ! C'est un sentiment étrange, tu te sens très loin, comme si tu volais… Plein de joie et surtout, libre ! »

Une façon de se défouler plutôt que de refouler. C'est aussi ce que pense Mohamed, chef des adeptes du Parkour, une discipline qui consite à faire des acrobaties en milieu urbain.

Mohamed :« Les conditions de vie que nous imposent les Israéliens et dans lesquelles nous vivons à Gaza, qu'elles soient intérieures ou extérieures, sont très dures. C'est très compliqué de vivre normalement et on essaye, grâce à cette gymnastique, de libérer ce qu'il y a en nous... On essaye d'oublier en faisant du Parkour »

Même si elles considèrent ces pratiques comme occidentales, les autorités du Hamas au pouvoir à Gaza ferment les yeux sur ces activités. Cependant, l'intégration des filles dans les groupes pose cependant toujours un problème pour les surfeurs, comme pour les voltigeurs du Parkour.

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Mohamed :« Pour nous, il n'y aucun problème à faire entrer des filles dans le groupe, et d'ailleurs il y a beaucoup de filles qui nous demandent d'intégrer la bande, mais elles ont peur des réactions des dirigeants qui ne comprendraient pas que des filles se mélangent comme ça avec des garçons... Nous avons essayé de convaincre les gens qu'il n'y avait pas de problème à cela mais personne ne nous écoute. »

Dans le camp de refugiés de Nusseirat, Ahmad Ismael, 25 ans, a monté un groupe de danseurs de hip-hop. Chaque jour, une douzaine de professionnels s'entrainent incitant de nombreux adolescents à venir s'inscrire et à développer leurs talents.

Ahmad Ismael: « Je pense que la jeunesse de Gaza est frustrée à cause de la situation actuelle, à cause de l'absence de futur serein. On ne veut que les jeunes soient déprimés tout le temps. Ici au moins ils peuvent développer un talent dans la danse. Même s'ils n'ont pas de travail, s'ils n'ont pas d'avenir, au moins ils ont un hobby qui leur permet d'exprimer leurs sentiments.

J'aimerais bien que Gaza soit sans guerre, sans siège, qu'il y ait la liberté, que les gens nous aiment, qu'on les aime, qu'ils viennent vers nous, qu'on aille vers eux pour échanger nos cultures. C'est ce dont j'ai besoin, c'est ce qu'il nous faut. C'est le minimum que nous sommes en droit d'exiger. »

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La plupart de ces jeunes, loin de s'installer dans un comportement victimaire ou de survie, tentent au contraire de vivre et d'oublier les conditions extrêmes imposées par la situation politique.

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