Un reportage de Nicolas Ropert, correspondant de RFI en Afghanistan

Impression écran Globox.tv
Impression écran Globox.tv © Globox.tv

Amaury Hallé : « Nous ne sommes pas une télévision anti talibane ou anti quoi que ce soit. On n’est pas du tout là pour contredire. On ne parle pas de politique, donc on n’est pas anti Talibans. On est là pour montrer autre chose, pour donner une autre image de l’Afghanistan ».

Amaury Hallé est conseiller en marketing et en finances au sein d'Awaz Media Group, ce groupe de médias qui est à l'origine de la première WebTV en Afghanistan.

En plein développement actuellement, Globox.tv a été lancée il y a 6 mois. Il n’est question ni de politique, ni de religion, ni de sexe sur cette première télévision en ligne en Afghanistan, mais Globox.TV ne s'interdit aucun autre sujet.

Viste des studios de la chaîne à Kaboul.

Ziauddin Bakhyar: « C'est ici que l’on va tourner l'émission sur les films muets. En fait, on invite deux acteurs qui se mettent sur ces deux chaises. Ils regardent un film sans le son et ils doivent improviser les dialogues ensemble . »

Ziauddin Bakhyar, producteur en chef, nous invite à l'une des émissions enregistrées aujourd'hui. Trois caméras, un présentateur et deux acteurs dans un décor assez sobre. Nous sommes dans les studios, dans un quartier résidentiel de la capitale afghane. C'est en partie ici que les 2 heures de programmes de Globox.tv sont produites chaque jour. Des programmes diffusés sur Internet car pour Arif Ahmadi, le directeur national de la société, c'est l'avenir.

Arif Ahmadi : « Il y a beaucoup de télévisions, une quarantaine, déjà existantes en Afghanistan. Nous, nous pensons que le futur sera sur Internet. Donc nous avons créé cette web télévision pour les jeunes en Afghanistan, mais aussi pour les Afghans qui habitent à l'étranger. Afin qu'il existe un lien. Nous nous intéressons au sport, à la mode, au divertissement et à l'économie. Mais on ne parle pas des attentats, on ne veut pas parler de sexe et de religion. Nous évoquons les sujets qui intéressent avant tout les jeunes. »

Globox propose donc des reportages, des sessions d'informations, mais aussi des séries. Des programmes variés et disponibles à la carte sur le site Internet. Difficile, cependant, de pouvoir regarder correctement ces vidéos, le débit étant encore très limité dans le pays. Mais Amaury Hallé, conseiller marketing et finances au sein d'Awaz Media Group, la maison mère de Globox, assure que si cette télé en ligne est réservée à une élite urbaine, elle va se démocratiser.

Amaury Hallé : « Aujourd’hui, la population de l’Afghanistan est extrêmement jeune donc quand on regarde les statistiques, on a tendance à dire que 60% à 65% de la population qui sont des jeunes aujourd’hui et c’est la génération qui va façonner l’avenir du pays. Donc toucher les jeunes, c’est toucher une grande partie de la population. Et toucher une population urbaine pour le moment, c’est aussi celle qui va donner le ton sur l’ensemble de l’Afghanistan et dans ses districts, au niveau des provinces. »

L'audience de Globox est passée d'un millier de visiteurs par jour à plus de 3.000.

Un bon début, mais la première télévision sur Internet cherche encore un modèle économique. Pour le moment, elle n'est pas rentable.

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