Un reportage de Florence La Bruyère, à Budapest, en Hongrie

Katalin Lévai :

Dans cette nouvelle réforme, on peut choisir de travailler à temps partiel ou temps plein. C’est une bonne réforme.

Viktor Orban
Viktor Orban © Karoly Arvai

Katalin Lévai est actuellement en congé de maternité et la réforme dont elle parle, c’est celle qui est proposée par le gouvernement de droite populiste de Viktor Orban à l’approche des élections législatives qui auront lieu le 6 avril. Moins d’impôts, des allocations de congé maternité plus importantes…

Sur certains points, ces réformes qui visent à relancer la natalité en déclin en Hongrie, s’inspirent du modèle français.

Comme tous les après-midi, Rudolf Toth vient chercher sa fille à la garderie. Rudolf est en congé de paternité. Un congé qui dure 3 ans en Hongrie. La première année, c’est sa femme qui en a bénéficié, puis il a pris le relais. Dans quelques semaines, ce père de famille de 39 ans reprendra son travail, fourbu mais comblé :

J’ai passé tout mon temps avec mes 2 filles, Yanka et Dina... J’allais les déposer et les rechercher à la maternelle. Franchement, ça a été l’un des meilleurs jobs de ma vie ! C’était fatigant, mais fantastique !

Rudolf reprend le travail avant la fin de son congé. Mais il continuera à percevoir son allocation tout en recevant son salaire. Une nouvelle mesure pour encourager les familles à avoir plus d’enfants, comme l’expliqueMiklos Soltész, secrétaire d’Etat à la famille:

Lorsque nous avons réfléchi à une nouvelle politique familiale, nous avons regardé ce qui se passait au Bénélux, en Scandinavie et en France. Les études montrent que si une femme retourne rapidement travailler après une naissance – surtout si elle est diplômée –, il y a plus de chances qu’elle ait un deuxième enfant, voire même un troisième.

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Katalin Lévai est à la maison depuis la naissance de son petit garçon, Michi, qui a aujourd’hui 13 mois. Il y a très peu de crèches en Hongrie et la plupart des femmes restent au foyer jusqu’à ce que l’enfant ait 3 ans. Beaucoup souhaiteraient retourner travailler plus tôt. Mais elles ne le font pas, parce que le salaire moyen n’est que de 400 euros. Il serait complètement absorbé par les frais de nourrice ou d’une crèche privée. Grâce à la réforme, Katalin pourra payer les frais de garde :

Je vais recommencer à travailler en septembre, quand Michi ira à la crèche. Maintenant on peut travailler et on peut recevoir l’allocation maternelle aussi. C’est une très bonne chose, parce qu’on peut recevoir plus d’argent.

Pour relancer la natalité, le gouvernement hongrois s’est aussi inspiré du modèle français. Désormais, un chef de famille payera moins d’impôts qu’un célibataire.

Mais Rudolf Toth, jeune père de famille , n’est pas convaincu pour autant :

Je ne pense pas que ces mesures gouvernementales vont améliorer la situation… Pour que les gens aient plus d’enfants, il faudrait qu’ils aient un emploi stable, un meilleur salaire. Bref, qu’ils se sentent plus en sécurité.

Il n’empêche, ces mesures sont très populaires. La droite populiste au pouvoir mène largement dans les sondages. Le premier ministre Viktor Orban pourrait bien remporter le scrutin du 6 avril prochain.

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