Un questions-réponses réalisé avec Olivier Bonamici, en direct de Lisbonne, au Portugal

Drapeau portugais
Drapeau portugais © tiseb

Le Portugal a annoncé il y a dix jours un nouveau plan d'austérité. Pour le gouvernement, qui prévoit une récession de 2,8% en 2012, il fallait en passer par là car le déficit public est plus important que prévu. Ce plan d’austérité sera particulièrement douloureux pour les Portugais.

On peut dire que depuis la mi-octobre, tous les Portugais ont vraiment pris conscience que la situation était grave. Pourtant, ce n'est pas le premier plan d'austérité. Mais celui-ci marque les esprits ; on en parle encore dans les rues, au café, au travail... Pourquoi ? Parce qu’il s'attaque à ce que les Portugais considéraient jusque-là comme un acquis social : les treizième et quatorzième mois de salaire, versés juste avant les fêtes de Noël et avant les grandes vacances. Le gouvernement a décidé de supprimer ces primes pendant au moins deux ans pour les fonctionnaires et les retraités, soit près d'un million et demi de personnes. Ce double salaire, pour la plupart des familles, n'était pas un luxe, mais une nécessité pour équilibrer les comptes et payer, par exemple, les factures en retard.

- Le climat social risque-t-il de se dégrader ?

Oui, même si l’on est encore loin des tensions qui existent en Grèce. Il faudra particulièrement surveiller la réaction des fonctionnaires. On le sait déjà, il y aura une grève générale fin novembre. Les fonctionnaires estiment qu'ils sont les seuls à payer la facture de la crise. On leur a donc enlevé les primes, alors que le privé est pour l'instant épargné. Et il y a six mois déjà, on leur avait baissé le salaire de 5% à 10%. Même le Président de la République, qui est pourtant du même parti politique que le gouvernement, a affirmé que ces mesures étaient injustes.

- Les Portugais pensent-ils quand même ces mesures sont nécessaires pour résorber le déficit ?

Ils le pensaient au début ; ils ne le pensent plus. Ils se disent « pourquoi ce qui n'a pas marché pour l'instant en Grèce, pourrait marcher chez nous ? ». Ils voient que malgré leurs efforts, la situation des Grecs ne s'améliore pas. Les Portugais se rendent compte que, comme en Grèce, on leur annonce tous les trois mois un nouveau plan d'austérité ! En ce moment, ils sont plus dans l'optique « des sacrifices d'accord, mais les responsables doivent payer ». Depuis mi-octobre, on entend de plus en plus de Portugais demander que des hommes politiques répondent devant la justice de leur gestion passée.

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