Les riens,

Qui ne sont pas des êtres humains mais des ressources humaines.

Qui n’ont pas de visage mais des bras.

Qui n’ont pas de nom, mais un numéro.

Qui ne figurent pas dans l’histoire universelle mais dans la presse locale.

Qui ne valent pas la balle qui les tue.

Nous sommes à Caracas, et vous venez d’entendre la fin d’un poème d’Eduardo Galeano , auteur de l’essai, Les Veines ouvertes de l’Amérique latine paru en 1971, qui raconte l'histoire du pillage des ressources naturelles du continent. Le poème a été lu lors d’une conférence organisée à l’Université bolivarienne du Vénézuela , pour commémorer le 12 octobre, qui s’appelleJour de l’Hispanité en Espagne mais qui a été renommée Jour de la Résistance Indigène par Hugo Chavez en 2004.

Miguel Casimiro est un avocat Indien qui vient de la Tribu d’Atacama au nord de l’Argentine. Il est très critique des ONG qui disent défendre l’environnement, mais sont en fait financés par les plus gros pollueurs de la planète.

Si l’on regarde l’histoire de l’ONG d’origine suisse Avina , qui veut dire « Action pour la VIe et la NAture », on va voir que cette ONG est financée par le gouvernement du Canada, qui est l’un des principaux prêteurs des différentes entreprises minières dans le monde.

Pour les Indiens Kariña*, dont fait partie José Poyo, la lutte pour défendre leur territoire est très dure car ils vivent dans une région pétrolifère. Rappelons que presque toute l’économie du Vénézuela repose sur l’extraction du pétrole.

La déforestation en Amazonie brésilienne
La déforestation en Amazonie brésilienne © christian franz tragni (italian/Demotix/Demotix/Corbis

" Ces 20 dernières années, l’activité dans le bassin pétrolier de l’Orénoque a été plus forte, où inévitablement les multinationales ont affecté notre environnement. Mais désormais c’est l’Etat lui-même qui est concerné, c’est à dire la compagnie pétrolière publique PDVSA. Nous croyons qu’à court terme le peuple kariña* demandera à notre gouvernement d’organiser des réunions pour initier une série de conversations à ce sujet. »

Selon Miguel Casimiro, les peuples originaires devraient toujours être consulté au préalable, si une entreprise souhaite extraire un minéral sur leur territoire.

La région d’Atacama possède 80 % des réserves mondiales de lithium. Le lithium c’est le minéral qui sert à fabriquer les batteries pour les téléphones portables. Quand les entreprises viennent sur notre territoire et nous disent : « hé, on veut extraire du lithium dans tel secteur du Salar d’Atacama » . Et bien, il faut qu’on nous demande l’autorisation d’abord, et qu’on nous donne une participation nécessaire, en échange de l’usage de nos ressources naturelles.

Malheureusement, en l’an 2000, l’IIRSA, l’Initiative pour l’Intégration de l’Infrastructure Régionale Sud-Américaine, a été présentée par la banque interaméricaine de développement et signé par les présidents du continent à Brasilia. Ces dizaines de routes terrestres et fluviales qui sont censé faciliter le transport des ressources naturelles, sont déjà surnommées par les écologistes, les veines rouvertes de l’Amérique latine.

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