Un reportage de Frédéric Ojardias, correspondant de RFI à Séoul, en Corée du Sud

Monsieur Kang :

J’ai reçu une lettre de la Croix-Rouge… et c’est comme ça que j’ai appris que j’avais un fils en Corée du Nord ! Ca m’a rendu vraiment heureux.

Les deux Corée face à face
Les deux Corée face à face © IDÉ

Monsieur Kang est un Sud-Coréen de 91 ans qui vit en Corée du Sud. Grâce à l’accord, cet été, des deux Corées pour reprendre leur programme de réunions des familles séparées par la partition du pays, il devait rencontrer son fils et d’autres membres de sa famille qui vivent en Corée du Nord.

Mais le régime de Pyongyang a brusquement annulé ces retrouvailles, 4 jours avant la date prévue. Une décision qui a plongé ces familles dans le désespoir.

M. Kang :

J’aimerais demander à mon fils comment il va, je voudrais savoir comment il a passé ces 60 ans pendant lesquels nous avons été séparés. Je m’inquiète énormément pour lui à cause des difficultés en Corée du Nord. J’aimerais le voir tout de suite, pour me débarrasser de cette inquiétude. Qu’est-ce que je serais heureux de le voir !

Quand la guerre de Corée éclate en 1950, M. Kang, né au Nord, part au Sud pour fuir le régime communiste, laissant derrière lui sa femme enceinte et ses parents. A la fin de la guerre, la frontière reste fermée. Il se retrouve coincé au Sud et refait sa vie.

Puis, après 6 décennies sans nouvelles, il apprend qu’il a un fils, et qu’il a été choisi pour participer au programme de réunions familiales. Fou de joie, il prépare alors de nombreux cadeaux

M. Kang :

Pour mon fils j’ai acheté un rasoir. Et aussi des chaussettes, des médicaments, du café. Plein de produits basiques qu’on ne trouve pas en Corée du Nord.

Hélas, quatre jours seulement avant ces retrouvailles tant attendues, le régime nord-coréen annule brusquement la rencontre, accusant le Sud « d’hostilité »

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